Crise-Libye - En dépit de combats dans l'Ouest et les sanctions onusiennes, Kadhafi bien qu'isolé s'accroche au pouvoir. Mais, le cours des événements prouve que le changement est inévitable en Libye. Le leader libyen Mouammar Kadhafi s'accrochait au pouvoir hier dimanche 27 février malgré la pression de la rue, les sanctions de l'ONU et les appels à la démission des Occidentaux, alors que l'opposition préparait un gouvernement de transition dans l'Est de la Libye, a rapporté l'AFP.
Au 13ème jour d'une révolte sans précédent, le colonel Kadhafi ne montre aucun signe qu'il va lâcher un pouvoir qu'il détient depuis près de 42 ans.
Un de ses fils, Seif Al-Islam, longtemps présenté comme son successeur probable, a affirmé samedi soir que la situation était « excellente » dans les trois quarts du pays, tout en reconnaissant une « volonté intérieure de changement » exprimée par des manifestants « manipulés par l'étranger ».
A New York, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une série de sanctions sévères contre le dirigeant libyen et ses proches.
Mais rien ne dit qu'un gel des avoirs du clan Kadhafi à l'étranger, une interdiction de voyager et un embargo sur les ventes d'armes à la Libye suffiront à infléchir la politique de répression du « Guide de la révolution » libyenne.
Le président américain Barack Obama a souligné que Mouammar Kadhafi avait perdu toute légitimité et qu'il devait « partir maintenant ».
L'opposition armée contrôle l'est du pays, mais la situation est plus confuse concernant les villes proches ou entourant Tripoli.
A Zawiyah, à 60 km à l'Ouest de la capitale, les autorités qui organisaient un voyage de presse pour des journalistes « invités » par le régime, ont eu la mauvaise surprise de voir des milliers de manifestants défiler, en scandant « à bas le régime, nous voulons la liberté ». Selon des témoins, les manifestants anti-Kadhafi semblaient contrôler la ville.
Cette situation prouve que le régime de Tripoli souffre d'un manque criant de légitimité et qu'en dépit de l'intransigeance de Kadhafi, le changement est inévitable. Une façon de confirmer que le pouvoir est en train de changer de main dans ce pays pétrolier de l'Afrique du Nord.
Pierre Emangongo
Le Potentiel/28/02/2011
| < Prev | Next > |
|---|