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Feb 10th
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Egypte: Des parlementaires français partagent la joie des Egyptiens

Démission de Moubarak - «C'est un moment de joie et de liesse pour ce peuple égyptien et nous ne pouvons qu'être à leurs côtés.» Ainsi s'est exprimé, le vendredi 11 février 2011 un groupe de parlementaires français en visite au Burkina Faso. Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 en Egypte, venait de capituler, après 18 jours de révolution pacifique de son peuple. Le séjour des élus français au «pays des hommes intègres» dans le cadre de l'amitié France-Burkina, leur a également permis d'échanger avec le président du Faso, Blaise Compaoré, le président de l'Assemblée nationale Roch Marc Christian Kaboré et bien d'autres autorités politiques burkinabè.

Sur le terrain, les quatre députés français dont deux du parti de droite, l'UMP, en l'occurrence Michel Terrot et Loïc Bouvard, et deux du parti socialiste, Jacques Bascou et François Loncle, étaient face au monde économique et rural national. Ils n'ont pas manqué de faire le bilan de leur passage au Burkina, avec les hommes de média, le vendredi dernier, à l'Institut français du Burkina- Centre culturel français Georges Méliès de Ouagadougou. Morceaux choisis des déclarations de François Loncle, le chef de la délégation.

Situation en Tunisie et en Egypte

François Loncle: "Nous avons suivi cette révolution heure par heure et nous nous trouvons au moment précis où le Président Moubarak vient de démissionner (dans la soirée du vendredi 11 février 2011, ndlr) et où ce mouvement d'appel à la liberté s'est concrétisé. Nous avons ainsi évalué l'implication du peuple égyptien dans ce qui s'est produit et nous savons que la décision du Président Moubarak de démissionner peut augurer d'un nouveau départ pour l'Egypte avec, bien entendu, toutes les précautions que les pays de la région du Maghreb et la communauté internationale doivent prendre pour que la transition soit vraiment démocratique autant en Tunisie qu'en Egypte. Bien sûr, c'est un moment visiblement de joie et de liesse pour ce peuple égyptien et nous ne pouvons qu'être à leurs côtés".

Bilan du séjour au Burkina Faso

"Notre séjour s'achève hélas demain (ndlr, 12 février). Mais nous considérons qu'il a été extrêmement utile et fructueux. Nous pensons aussi que notre impression est partagée par nos collègues et amis du Burkina Faso, parce qu'avec le Chef de l'Etat burkinabè, SEM Blaise Compaoré, nous avons essentiellement abordé des sujets concrets qui intéressent nos deux pays.

Nous avions eu le plaisir d'accueillir à la fin de l'année 2009, une délégation de parlementaires burkinabè à l'Assemblée nationale française, délégation conduite par Mme Fatoumata Diendiéré Diallo. Notre visite au Faso s'inscrit donc dans la continuité des relations amicales entre la France et le Burkina, un pays que les Français aiment beaucoup au point qu'il est celui d'Afrique, avec le Sénégal, où la coopération décentralisée est la plus innombrable et la plus salutaire. En effet, plusieurs régions, villes et départements français ont, soit des jumelages, soit des projets communs avec le Burkina Faso. Par conséquent, les relations entre les deux pays se sont intensifiées, et ce d'autant que le Burkina offre une situation de stabilité qui facilite les échanges.

Nous avons pu examiner beaucoup de problèmes, peu de problèmes politiques par contre. La crise en Côte d'Ivoire a certes été évoquée mais nous avons surtout considéré les perspectives du G20 et la nécessité, comme l'a souligné en France le Président Nicolas Sarkozy, que les problèmes Nord-Sud soient au premier rang des préoccupations de ce G20, particulièrement tout ce qui est du domaine des financements innovants, la stabilité, la régulation et le coût des matières premières, tous ces sujets qui sont au cÅ"ur des préoccupations africaines.

Nous nous sommes aussi intéressés, notamment à Bobo Dioulasso, à la question de la filière coton, des problèmes de l'eau, de la plaine rizicole, etc. Nous avons également examiné avec nos partenaires burkinabè, les problèmes de démographie, de pauvreté, d'éducation, de santé et de croissance économique."

Sur la Côte d'Ivoire

"Nous avons écouté les membres du gouvernement, en particulier le premier ministre, et nous sommes évidemment sensibles à l'inquiétude du Burkina Faso par rapport à la crise ivoirienne. Nous avons même mesuré à Bobo Dioulasso, mais également à Ouagadougou, les conséquences de cette crise sur l'économie du Burkina. En outre, vous connaissez la position de la France face à cette situation en Côte d'Ivoire ( la France reconnaît Alassane Dramane Ouattara comme président élu de la Côte d'Ivoire, ndlr) par conséquent nous n'avons plus besoin d'approfondir la question. Nous tenons à dire tout de même que nous faisons confiance à la médiation des cinq chefs d'Etats africains dont fait partie le président Blaise Compaoré."

Perspective

"La perspective c'est le suivi. Nous savons qu'il y a eu beaucoup de groupes d'amitié qui, l'espace d'un voyage, prennent de bonnes résolutions pour ensuite les oublier une fois rentrés chez eux. Or notre devoir, les uns et les autres dans nos régions respectives et avec le gouvernement français, est qu'il y ait un vrai suivi par rapport à tout ce que nous avons vu et tout ce dont nous avons parlé ici au Burkina Faso.

Nous comptons assurément sur l'ambassade de France au Burkina. M. l'ambassadeur sera notre interlocuteur et notre médiateur permanent auprès du gouvernement burkinabè. Le Burkina Faso restera dans notre cÅ"ur, dans notre tête et je l'espère dans notre action de manière suivie, au moins jusqu'aux prochaines échéances électorales de 2012."

Nina Yougbaré (stagiaire)

Fasozine/14/02/2011