Reporters Sans Frontières dénonce la condamnation de la directrice de Canal3 Bénin - L'organisation de défense des journalistes 'Reporters Sans Frontières' déplore la condamnation à trois mois de prison ferme de la directrice de la chaîne de télévision privée au Bénin, Canal 3, Berthe Cakpossa, pour 'offense au chef de l’Etat', à travers un communiqué de presse transmis à la PANA.
'Trois mois de prison ferme: c’est la peine que peut vous valoir au Bénin la couverture d’une conférence de presse mettant en cause le chef de l’Etat', déplore l’association.
'Le fait que l’organe de régulation des médias manque d’indépendance, que la justice sévisse contre la presse et que des journalistes puissent être condamnés à de la prison dans l’exercice de leur profession est préjudiciable à l’image du Bénin', souligne 'Reporters Sans Frontières', qui se dit 'd’autant plus préoccupée que, sans de tels incidents, le pays pourrait figurer parmi les Etats africains les plus performants en matière de liberté de la presse. Aujourd’hui, il en est loin'.
Le 16 janvier dernier, rappelle-t-on, Berthe Cakpossa a été condamnée à trois mois d’emprisonnement ferme, une amende de 500.000 FCFA (environ 1.000 dollars) et le franc symbolique à titre de dommages et intérêts en faveur du président de la République, Boni Yayi, pour 'complicité d'offense au chef de l’Etat'.
Le 18 septembre 2012, la chaîne a diffusé intégralement la conférence de presse de Me Lionel Agbo, un ancien conseiller et porte-parole de la présidence qui affirmait que Boni Yayi souhaitait s’accrocher au pouvoir et que son entourage était corrompu.
Quant à Me Agbo, il a été condamné pour 'offense au chef de l’Etat' à six mois d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt et une amende de 500.000 FCFA. Il est actuellement recherché par la Police.
Pana 31/01/2013