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Taux d'intérêt directeur de la Banque centrale du Congo

Les banques commerciales sommées de s'arrimer au taux directeur de la BCC - Le secteur bancaire est gangrené par le comportement maffieux des banques commerciales qui appliquent contrairement au taux d'intérêt de la Banque centrale du Congo un taux exorbitant en matière d'octroi de crédit. Lundi, le gouvernement a tapé du poing sur la table, les obligeant à s'arrimer au taux directeur de la BCC, arrêté à ce jour à 4%.


Lors que le taux d'intérêt directeur de la Banque centrale du Congo (BCC) se situe à 4%, le gouvernement trouve anormal que les banques commerciales renchérissent le crédit en appliquant des taux supérieurs compris entre 15 et 20%.

Même si le terme n'a pas été prononcé lundi dernier au sortir de la réunion hebdomadaire de la troïka stratégique qui se tient généralement autour du Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, le gouvernement pense qu'on est loin d'une arnaque. Il faut donc parer au plus pressé, a décidé cette cellule stratégique du gouvernement.

Le communiqué livré à la presse à l'issue de cette réunion en dit long. Après avoir salué la stabilité du cadre macroéconomique qui continue à se maintenir, « la troïka stratégique s'est également penchée sur la problématique de financement de l'économie, au travers des crédits bancaires dont le taux d'intérêt demeure toujours élevé en dépit des éléments pertinents favorables à sa révision à la baisse, tels le taux directeur de la BCC et la stabilité du cadre macroéconomique ».

Devant le micro de la presse, le vice-Premier ministre, ministre du Budget, le professeur Daniel Mukoko, a été beaucoup plus explicite sur le sujet. Dans un premier temps, le n°2 du gouvernement a planté le décor, comme pour circonscrire le problème.

« Avec tous les efforts que le gouvernement et la Banque centrale ont déployé en 2012, s'est indigné le professeur Mukoko, on a fait passer le taux directeur de la Banque centrale, c'est-à-dire, le taux directeur de la Banque fait payer aux banques commerciales de 20% au début de 2012 à 4% aujourd'hui.

Et, logiquement, les taux que les banques commerciales chargent sur leurs clients devraient également diminuer. Ces taux ont diminué, mais ils restent très élevés ».

Puis, son constat. « Pour les crédits accordés en monnaie nationale, a-t-il fait savoir, le taux moyen de banques commerciales est passé de 38% à 22% aujourd'hui. Et pour les crédits accordés en devises étrangères, le taux est passé de 19 à 15%.

Cela signifie que, si vous allez demander le crédit auprès d'une banque commerciale aujourd'hui, si vous lui demandez en monnaie nationale, vous payez 22% d'intérêt.

Si vous lui demandez en devises, vous payez 15% alors que quand les banques s'adressent auprès de la Banque centrale, elles payent 4% ».

Par pudeur, certes, le professeur Mukoko ne l'a pas dit crûment. Mais, en matière financière, le comportement des banques frise ni plus ni moins l'arnaque, commente-t-on dans des milieux spécialisés.

C'est aussi une manière, poursuivent les mêmes sources, pour ces banques de torpiller tous les efforts entrepris par le gouvernement pour baisser davantage le taux d'intérêt de la Banque centrale en vue de booster la consommation intérêt et en même temps les investissements de façon à accroître le revenu national.

Un comportement que le gouvernement a condamné avec la dernière énergie, exigeant des banques plus de coopération pour l'aider à relever les multiples inscrits dans son programme quinquennal 2012-2016.

« Nous voulons quand même que les banques commerciales puissent accompagner les efforts du gouvernement et de la Banque centrale afin d'améliorer les crédits à l'économie », a alors lancé le vice-Premier ministre Mukoko.

Pour le gouvernement, les banques commerciales doivent faire preuve de patriotisme et d'équité dans l'exercice des affaires.

Ainsi, de l'avis de la troïka stratégique, rien ne légitime les taux d'intérêts surévalués qu'appliquent actuellement les banques commerciales en matière d'octroi des crédits.

Malheureusement, les victimes de cette arnaque se comptent déjà par milliers. Les professeurs d'université, les médecins, et bien d'autres membres du Parlement qui sont passés par les banques pour certaines opérations d'achat des véhicules en ont payé le prix, en se faisant à des intérêts créditeurs situés dans la fourchette de 15 à 22%.

Alors que les mêmes banques, lorsqu'il s'agit de se refinancer à la Banque centrale empruntent au taux minimal de 4%.

CONJONCTURE ECONOMIQUE AU 25 JANVIER

Dans tous les cas, après la brève envolée du taux d'inflation la semaine dernière, la troïka stratégique a noté une réelle stabilité du cadre macroéconomique, réconfortée à la suite des efforts immédiatement déployés par le gouvernement pour endiguer la poussée inflationniste.

Ainsi, au 25 janvier 2013, le taux de change est demeuré stable, avec une légère dépréciation. A l'indicatif, il était de 915,13 FC/Usd contre 914,83 FC/Usd la semaine d'avant, affichant une dépréciation de 0,03%.

Le taux d'inflation hebdomadaire a, de son côté, été ramené à son niveau d'avant la grève des conducteurs des véhicules poids lourds sur la RN1.

Il est à 0,010% au niveau national, et à 0,014% à Kinshasa. Le taux de croissance est projeté à 8,3% contre 7,2% réalisé à fin 2012.

A la même date, les réserves internationales ont augmenté de 7,87 millions Usd par rapport à la semaine précédente, se situant à 1 616,36 millions Usd, soit 9,24 semaines d'importation, contre 1 608,49 millions Usd, couvrant 9,20 semaines d'importations, une semaine avant.

Le taux directeur de la Banque centrale du Congo est resté à son niveau de 4% depuis la dernière révision du 26 décembre 2012 au Comité de politique monétaire.

Fort de la stabilité macroéconomique qui continue à se consolider, la troïka stratégique a alors demandé au vice-Premier ministre Mukoko « d'élaborer un programme visant à appuyer certains secteurs, en vue de booster la croissance et en assurer la redistribution progressive en faveur de toutes les couches des populations congolaises ».

Mais, le préalable consiste à ramener avant tout les banques commerciales sur le droit en les alignant à la politique du gouvernement et de la Banque centrale du Congo en matière de crédit.

Par Faustin K.

Le Potentiel/30/01/2013