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Sécurité et lutte contre le terrorisme en Afrique de l'Est

Les liens entre les groupes rebelles et le crime organisé font obstacle à la lutte contre le terrorisme en Afrique de l'Est - Dans la soirée du 26 février 2011, le calme qui régnait habituellement dans la résidence privée de Soledo Estate de Nairobi, la capitale kenyane, a été troublé par des tirs. En fin de compte, Joseph Cheptarus, commissaire adjoint en charge des investigations des services fiscaux kenyans, la KRA, a été retrouvé le corps criblé de quatre balles.


Ses agresseurs, qui ont également enlevé le gardien de la résidence ont pris la fuite avec le véhicule de M. Cheptarus.

Ils ont par la suite libéré le gardien sain et sauf dans un endroit isolé derrière l'Université Multimedia de Nairobi.

La Police a indiqué que les assassins de M. Cheptarus ont également braqué un véhicule à Karen.

Le ministère kenyan de l'Intérieur a déclaré que ces évènements étaient sans rapport avec une enquête sur la disparition de 2,5 tonnes d'or de la République démocratique du Congo (RDC), mais M. Cheptarus était membre d'une mission d'enquête formée suite à une requête du gouvernement congolais pour aider à démasquer les trafiquants d'or.

En janvier 2011, le gouvernement congolais a noté la disparition de 2,5 tonnes d'or, d'une valeur de 100 millions de dollars, destinées à Dubaï, aux Emirats arabes unis (EAU).

Le gouvernement du président Joseph Kabila soupçonnait les rebelles de l'Est de son pays et du Nord-Kivu d'être derrière ce trafic d'or et d'avoir l'intention d'utiliser les fruits de ce trafic pour leurs efforts de déstabilisation de la RDC.

Ainsi, le ministre congolais de la Coopération internationale, Martin Kabwelu, s'était rendu au Kenya pour obtenir des informations dans le cadre d'une délégation gouvernementale.

Le président Kabila a également rendu visite au président kenyan de l'époque, Mwai Kibaki, avec des détails précis sur l'endroit de Nairobi où l'or était caché.

Les deux gouvernements avaient alors indiqué qu'un groupe de contrebandiers avaient exfiltré l'or vers le Kenya grâce à de faux documents.

Parmi les suspects, figurait un individu identifié comme un trafiquant d'armes lié aux mouvements rebelles du Kivu.

La Police a récupéré 500 g d'or et des pierres assorties dans des sachets au domicile de Jean-Claude Mutinda, un Congolais. Les tests effectués ont montré que ces pierres étaient du cuivre.

Les enquêteurs ont également découvert qu'entre le 25 février 2010 et le 20 janvier 2011, 2,6 tonnes d'or ont été transformées pour être exportées vers diverses destinations à partir du Kenya et ils en ont conclu que les réseaux criminels opérant au Kenya trafiquaient d'importantes quantités d'or et vendaient également de l'or contrefait.

La lutte contre les groupes armés et les organisations terroristes est entravée par les activités de ces groupes criminels organisés.

Pendant ce temps, les meurtriers du responsable de la KRA n'ont pas été retrouvés et les cas de meurtres et d'enlèvements non résolus restent monnaie courante.

Les efforts de l'Union africaine (UA) pour renforcer la lutte contre les groupes armés ont entraîné la création de la Commission du renseignement et des services de sécurité en Afrique (CISSA).

L'UA et l'ONU ont également soutenu le lancement de la plus grande initiative de paix dans la région des Grands Lacs, dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (ICGLR), au cours de laquelle, 18 pays ont décidé d’unir leurs forces pour lutter contre les groupes armés et les organisations terroristes opérant dans la région.

Dans le cadre de cette initiative, ces pays ont collaboré pour lutter contre les rebelles à travers le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement, un accord signé en 2006.

Cet accord a servi de plate-forme pour la promotion de la lutte contre les groupes armés, tout en comportant un volet régional de non-agression et de défense mutuelle.

Malgré l’existence de ces accords, leur application reste assez limitée au niveau des Etats. 

Ces accords ont tenté de réglementer l’utilisation des produits miniers par la création d’un système de certification qui permettrait de retracer l’origine et de commercialiser ces produits précieux, mais d’après les analystes certains des groupes armés opérant dans la région d’Afrique de l’Est bénéficient du soutien de gouvernements, qui finissent par ne plus les contrôler.

On considère que l’incapacité à juguler cette menace dans la région pourrait véritablement compliquer l’escalade de la guerre civile et du conflit militaire au Soudan du Sud.

Les chercheurs du Centre africain d’études stratégiques estiment que la lutte contre les groupes armés en Afrique de l’Est n’a pas progressé pour diverses raisons.

Tout d’abord, les pays impliqués mènent des opérations militaires conjointes, qui échouent généralement à prendre dans leurs filets ces groupes qui se déplacent simplement vers de nouveaux territoires, pour attaquer de nouvelles cibles civiles qu’ils accusent d’aider les militaires.

Bien que ces Etats aient signé un pacte de non-agression et de défense mutuelle, qui vise également à éliminer le trafic des produits miniers, qui sert à financer les activités des rebelles, ils ne sont pas très actifs dans ce domaine étant donné les intérêts économiques en jeu dans le cadre de ces activités.

Les analystes soulignent que les Etats impliqués dans ces conflits trouvent peu d’intérêt à arrêter de soutenir ces milices pour des raisons de sécurité nationale et d’intérêt économique.

Des études de la CISSA basées sur des renseignements obtenus auprès des Etats Parties montrent que le terrorisme, les terroristes et les groupes armés en Afrique de l’Est s’opposent au développement.

La CISSA a récemment invité les Etats de la région à commander des études pour déterminer pourquoi les groupes armés existaient encore dans cette région, malgré les opérations de sécurité lancées par les divers acteurs pour les éliminer.

La CISSA estime que la complexité de la lutte contre ces groupes est une conséquence de leur relation symbiotique avec les réseaux criminels et que les produits du crime organisé sont utilisés pour financer les activités terroristes.

Lors d’une récente réunion à Khartoum, les membres de la CISSA (Angola, Burundi, République centrafricaine, RDC, Djibouti, République du Congo, Gabon, Kenya, Lesotho, Nigeria, Rwanda, Somalie, Soudan du Sud, Tanzanie, Zambie et Zimbabwe) ont appelé au renforcement du Centre de fusion des renseignements de l’ICGLR à Goma, en RDC, pour intensifier la lutte contre les groupes armés.

'C’est une des menaces les plus importantes contre la sécurité. Elle mérite donc à ce titre une attention égale', ont conclu les délégués de la CISSA dans un communiqué publié à l’issue de la réunion de Khartoum.

Depuis lors, des Etats comme le Kenya et la RDC ont convenu de s’assister mutuellement dans le cadre des enquêtes et arrestations visant ces réseaux criminels.

Pana 26/01/2014