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Nord-Kivu: Stratégie de lutte contre les groupes armés

Sécurité: La stratégie de lutte contre les groupes armés toujours vouée à l'échec au Nord-Kivu - Depuis que la province du Nord-Kivu dans l'est de la République Démocratique du Congo (RDC) est devenue l’épicentre de l'insécurité dans la sous-région des Grands Lacs du fait de sa maîtrise par des groupes armés, les acteurs tant régionaux et internationaux ont toujours du mal à contrôler entièrement la nuisance de ces réseaux, malgré plusieurs stratégies mises en place.


Alors que l’accord-cadre de paix signé en février 2013 à Addis-Abeba entre douze pays membres de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) encourageait notamment le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC) à poursuivre les discussions bilatérales comme ils l’avaient fait avant la crise actuelle, afin de renforcer la confiance et la coopération entre eux, bon nombre d’analystes estiment toujours que la mise en œuvre de ces recommandations est restée apparemment lettre morte.

Réunis en début de ce mois de janvier à Luanda, la capitale angolaise, les pays membres de l'initiative dite de la CIRGL se sont retrouvés pour examiner les tenants et les aboutissants dans la mise en œuvre d'un accord  pour restaurer la paix et éliminer toute éventuelle menace que représentent les différents groupes d’insurgés dans l’est de la RDC et dans toute la région.

A plusieurs reprises, le Rwanda a toujours menacé de renvoyer des troupes dans les provinces du Kivu, pour pallier l'incapacité de l'armée congolaise à régler le problème posé par la présence du mouvement rebelle hutu rwandais des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), alors que Kinshasa soutenait à son tour que le territoire congolais a été l’objet d’agression de la part des forces étrangères en allusion au rapport controversé de l’ONU qui accusait Kigali d’apporter un soutien à la rébellion congolaise rwandophone du 'M 23'.

'Mais, si la brigade d’intervention de l’ONU en soutien  à l’armée congolaise est parvenue à mettre en déroute le M23, il y a toujours un risque permanent de régionalisation de ce conflit tant que cette question de tous les groupes armés dont celui des FDLR n'aura pas été réglée', explique un enseignant congolais basé à Kigali et originaire du Nord-Kivu qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat.

Rappelant les différentes interventions de l'armée rwandaise dans l'est de la RDC pour traquer les combattants du FDLR, la même source soutient que la solution à tous les problèmes qui sont l'œuvre de ces groupes armées devrait être trouvée en mettant un accent particulier sur la politique de bon voisinage tout en privilégiant une étroite collaboration notamment entre le Rwanda et la RDC afin de pouvoir mettre hors d’état de nuire tous les groupes armés notamment dans le Nord-Kivu.

De 1998 à 2003, la RDC avait été dévastée par une guerre régionale là où le Rwanda a déployé des troupes par mouvements rebelles interposés, afin de combattre des insurgés qui menaient alors des incursions notamment dans la partie nord-ouest du pays, en provenance de l’est de la RDC.

Depuis que le Rwanda a amorcé le retrait de ses troupes du territoire congolais en 2002, conformément aux accords de paix signés entre les deux pays à Pretoria sous la pression des Etats-Unis et de la Grande Bretagne,  le désarmement des rebelles hutus rwandais qui était pourtant le préalable au retrait des militaires rwandais de la RDC reste toujours un casse-tête pour le régime de Kinshasa.

Mais, face à cette menace quasi-permanente des FDLR, Kigali et Kinshasa ont depuis lors convenu d’en finir avec tous les groupes armés opérant dans la région, lors d'une entente surprise en janvier 2009 et qui s’est concrétisée par une nouvelle opération militaire menée conjointement par les armées rwandaise et congolaise en vue de traquer des rebelles hutus rwandais éparpillés dans plusieurs villages du Nord-Kivu.

Même si Kigali a toujours constamment accusé  Kinshasa de refuser  de désarmer les combattants des FDLR, basées dans l'est de la RDC depuis le génocide de 1994 au Rwanda, cette dernière offensive menée conjointement par les troupes deux pays pour déloger les combattants des FDLR a jeté les bases d’une nouvelle réconciliation et entente politique entre les deux pays.  Sans pour autant déloger complètement les insurgés rwandais de leurs bastions, cette opération a été alors décrite comme étant un franc succès compte tenu de l'effectif des rebelles qui se sont 'repentis'.

Mais l’accalmie a été de courte durée car quelque mois plus tard, un groupe rebelle du 'M23' composé essentiellement des dissidents de l’armée congolaise est passé à l'offensive en début de l’an 2012 dans plusieurs villages du Nord-Kivu là où les ces insurgés prétendaient défendre plus généralement les droits des populations congolaises rwandophones dans cette zone frontalière avec le Rwanda.

Malgré cette nouvelle stratégie des rebelles, le gouvernement rwandais par la voix de son porte-parole et ministre des Affaires étrangères, Mme Louise Mushikiwabo, s'est toujours alarmé des risques réels de déstabilisation du Rwanda à cause de la présence de groupes armés le long de la frontière avec la RDC.

'Le Rwanda reste calme et mesuré sur tout ce qui passe actuellement dans cette partie Est de la RDC', a-t-elle déclaré.

Par Aimable Twahirwa, correspondant de la PANA

Pana 25/01/2014