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Mer, Aoû

L'agriculture en tant qu’entreprise

Économie
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Conférence de haut niveau sur l’alimentation en Afrique. Les ministres des Finances, de l’Agriculture, des gouverneurs de Banque centrales, des agro-industriels, des agriculteurs, des scientifiques, la Société civile se retrouvent pour échanger autour de ce qui est le meilleur espoir de l’Afrique : son agriculture en tant qu’entreprise. Tel est le thème de cette analyse faite par le président de la Banque Africaine de Développement.

La question qui se pose aujourd’hui est celle de la contradiction entre le fait que l’Afrique dispose de terres arables abondantes, d’eau et de soleil et le fait qu’elle importe, tous les ans, 35 millions de dollars de denrées alimentaires et qu’elle ne dispose pas de la sécurité alimentaire. Un changement s’impose.

Un changement basé sur l’agriculture africaine. Cette dernière fait travailler les deux tiers de la population et constitue un quart du PIB. Mais l’agriculture doit être envisagée comme une entreprise propice à la diversification des économies des pays, à la réduction de la dépendance aux importations alimentaires, à la création d’emplois et à la relance des zones rurales.

L’agriculture peut créer, quatre fois plus que les autres secteurs, des emplois et réduire la pauvreté, et donc réduire la migration hors de zones rurales et la recherche d’opportunités en Europe. La transformation agricole africaine peut ainsi réduire la crise des migrants en Europe. Il suffit que les ministres des Finances africains réalisent que ce secteur est celui qui a le meilleur potentiel de stabilisation macro-économique et budgétaire.

La perspective pour la valeur du marché de l’alimentation et de l’agroalimentaire, en 2030, est estimée à 1 000 milliard de dollars. C’est une opportunité énorme pour le continent s’il libère sont potentiel agricole pour conquérir ce marché tout en développant le commerce régional.

L’Afrique peut nourrir sa population et devenir un géant de l’agriculture et l’agroalimentaire. D’ici 2015, la Terre comptera plus de 9 milliards d’habitants qu’il faudra nourrir. La réussite de ce défi sera liée à l’attitude de l’Afrique qui dispose de 65% du reste des terres arables mondiales. Elle pourra donner corps à son potentiel en modernisant l’agriculture et en augmentant sa productivité, en développant les industries agroalimentaires et agro-industrielles, en investissant dans la transformation à valeur ajoutée des produits agricoles. Un baisse importante du coût des affaires en milieu rural aura lieu quand le secteur privé développera la transformation alimentaire et la fabrication d’usines dans les zones rurales et quand les gouvernements développeront les infrastructures rurales intégrées (routes, irrigation, rails…). Une nouvelle catégorie de fermiers commerciaux apparaîtra, pointue en terme de technologies et de concurrence et les petits exploitants agricoles, la majorité actuelle, pourront atteindre des marchés fiables. Des nouvelles zones économiques prospères naîtront où les jeunes resteront pour vivre et travailler.
Au moment où les agriculteurs sécurisent des marchés pour leurs productions et où les agro-industries développent la faculté du continent à résister à la concurrence mondiale, les banques commerciales et les organismes de micro-finance vont accroître les prêts.

L’Afrique doit agir fortement sur son agriculture pour aider à nourrir l’Afrique.

Comment cela se passera-t-il pour ce continent ? Comment l’Afrique pourra-t-elle s’écarter de l’exportation de produits primaires ? Comment l’agriculture peut-elle créer de la richesse ? Comment l’Afrique va-t-elle apporter de la valeur ajoutée à sa production agricole afin de bénéficier de la richesse de la terre et pas uniquement de la richesse des minéraux et hydrocarbures ?

Durant les trois jours de la Conférence sur l’alimentation en Afrique, les acteurs et intervenants échangent et échangeront sur la manière de supprimer la malnutrition et la faim sur le continent dans les dix années qui viennent. Ils débattront de la manière de permettre à l’Afrique d’être une exportatrice nette de nourriture et de la placer au faîte des chaine de valeurs mondiales par l’intermédiaire de l’industrialisation liée à l’agriculture. Ils regarderont comment les différents acteurs de l’économie (les ministres des Finances, les gouverneurs de Banques centrales, la BAD, la Banque mondiale, le Fonds international de développement agricole) peuvent oeuvrer ensemble pour proposer des outils de financement innovants pour permettre des prêts pour les agriculteurs et agro-industriels.

En faisant tout cela, l’objectif est de permettre d’écrire une nouvelle page de l’histoire agricole de l’Afrique en dix ans. Une histoire tournée vers l’autonomie alimentaire et vers la concrétisation du potentiel africain à nourrir le monde.

AfriqueJet