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Ven07252014

Last updateVen, 25 Juil 2014 11am

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Stratégie sécuritaire au Niger

Sécurité: Le Niger s'offre les moyens de sa stratégie sécuritaire - Le Niger, confronté à une insécurité grandissante et se trouvant en première ligne face aux répercussions de la crise traversée par le Mali, multiplie des initiatives pour lutter contre le terrorisme au sahel et sécuriser ses frontières.


Sur le plan de la formation des hommes, la Commission de la CEDEAO, en collaboration avec l'Institut d'Etudes de Sécurité (l'ISS) de Pretoria, a organisé à Niamey du 12 au 23 novembre, un atelier national de formation sur la lutte contre le terrorisme, destiné aux magistrats du Parquet de Niamey, aux Officiers de Police Judiciaire (OPJ) de la Police Nationale, de la Gendarmerie nationale et de la Garde nationale, ainsi qu'aux enquêteurs des Douanes.

La formation a pour but de permettre au Niger de développer et d'améliorer son état de préparation et ses capacités opérationnelles, afin de détecter, localiser, enquêter, intercepter, prévenir, poursuivre et punir les crimes de terrorisme, de supprimer leurs sources de financement.

Cette formation est d’autant plus nécessaire que « le Niger occupe une place centrale au Sahel et de ce fait, est le plus exposé aux menaces », a affirmé le président nigérien Mahamadou Issoufou, lors de la visite du Secrétaire général des Nations unies, Ban-Ki-Moon, au Niger en novembre dernier.

Le pays, selon lui, qui constitue un verrou entre la partie occidentale du Sahel et sa partie orientale. avait subi de plein fouet les effets de la crise libyenne et de la crise malienne, ainsi que les conséquences des actions terroristes de Boko Haram au Nigeria.

Au cours de cette formation, les participants ont été outillés sur la connaissance de la menace terroriste en général, et le cas du Niger en particulier, ainsi que sur les tendances et l’évolution du phénomène.

La stratégie du contre-terrorisme et le cadre de la CEDEAO pour la lutte contre le terrorisme, la répression des sources de financement du terrorisme et le rôle de l'INTERPOL dans les opérations contre le terrorisme au Sahel restent entre autres points développés par les spécialistes aux participants.

Autre initiative, la formation, les 4 et 5 février 2013,  des magistrats nigériens aux questions relatives à la Lutte contre le Blanchiment de Capitaux et le Financement du Terrorisme (LBC/FT), initiée par la Cellule nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF), avec l'appui financier de l'Union européenne, à travers le Programme d'Appui à la Justice et à l'Etat de Droit (PAJED).

Durant ces deux jours, les participants ont reçu d'amples informations sur le cadre juridique international, régional et national de LBC/FT, les concepts de vulnérabilité des professions juridiques, les techniques d'enquêtes et d'investigations financières, ainsi que sur la coopération internationale et nationale dans le domaine.

Selon le ministre nigérien de la Justice, 'la lutte contre le blanchiment d'argent constitue une priorité pour nos Etats, en cette période où les flux d'argent, d'origine criminelle, circulant dans notre sous-région, sont de plus en plus importants, servant, dans une certaine mesure, à alimenter les réseaux du terrorisme.

Sur le plan de la communication, c’est pratiquement le tiers des abonnés téléphoniques du mobile qui a été supprimé au Niger, qui a procédé à la désactivation de  1 728 225  « numéros fantômes » de téléphone mobile sur les 5,5 millions d’abonnés que compte le réseau nigérien, dans le but de prévenir d’éventuels risques terroristes et criminels dans un pays aux frontières poreuses.

Pour s’assurer une meilleure sécurité, le Niger s’associe également avec les autres pays voisins, pour des patrouilles mixtes sur le long des frontières. Aussi, c’est bien parce que le territoire était efficacement surveillé que les troupes en déroute n’ont pas pu s’y réfugier, préférant se retrancher dans les montagnes libyennes, d’où elles étaient venues.

Sur un plan plus large, après avoir longtemps tergiversé, le Niger a finalement accepté le déploiement, sur son sol, des forces et équipements étrangers, notamment de la France et des Etats Unis, pour surveiller davantage le mouvement des jihadistes dans le sahel.

C'est ainsi que depuis le déclenchement de l’opération Serval au Mali, Paris a installé dans la capitale du Niger un « maillon-clé » de son dispositif antiterroriste de la bande sahélienne, tandis qu'un détachement américain chargé de la surveillance dans le cadre de la lutte antiterroriste, côtoie son homologue français sur la plateforme de Niamey.

Sur le plan multilatéral, une mission civile européenne est envoyée en 2013 pour assister et former la police, la gendarmerie et la garde nationale,  en appui aux forces de sécurité intérieure et à l’Etat de droit, à la suite des enlèvements de plusieurs employés d'ONG en territoire nigérien par le groupuscule terroriste al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

« Nous ne souhaitons pas voir se développer l’insécurité et les risques de violence terroriste qui menacent l’Afrique, avait déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, lors d’une visite du premier ministre nigérien à Bruxelles, le 6 juin 2012, pour justifier l'importance de cette mission longtemps attendue.

La formation récente, par le président nigérien, Mahamadou Issoufou, d'un 'gouvernement d’union nationale de large ouverture', bien que visant à faire ' appel  à toutes les compétences pour bâtir le pays', ne semble étrangère à la stratégie de lutte contre l'insécurité et le terrorisme qui, dans bien des cas, germent plus que favorablement sur le terreau de la frustration souvent entretenue par une politique exclusive et la répartition inéquitable du gâteau national.

Pana 16/01/2014