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Sam07262014

Last updateSam, 26 Juil 2014 8pm

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Situation sécuritaire au Cameroun

Le Cameroun face à des groupes armés aux motivations aussi variées que leur effectif - Les différents groupes armées qui écument depuis une vingtaine d’années les frontières terrestres et maritimes du Cameroun avec le Nigéria, le Tchad et la République centrafricaine (RCA),  n’ont jamais dévoilé les motivations réelles de leurs attaques et enlèvements perpétrés au sein de la population, a appris la PANA, de sources concordantes.


« En dehors du commandant Ebi Dari, chef des Bakassi Freedom Fighters, le groupe armé nigérian, qui affirmait avoir envoyé un document, trois mois avant l'attaque du navire du groupe français Bourbon Sagitta, portant sur ses revendications relatives à des négociations de paix dans la péninsule de Bakassi, aucun autre groupe n’a donné, de manière officielle, les motivations de ses actes », a confié à la PANA, le lieutenant-colonel, Didier Badjeck de la Division de la communication du ministère camerounais de la Défense.

En effet,  les Bakassi Freedom Fighters avaient arraisonné en novembre 2008 le navire du groupe français Bourbon Sagitta opérant au large de la péninsule de Bakassi, à la frontière avec le Nigeria, prenant ainsi dix otages dont six Français.

« Même si ces groupes armés donnaient leurs motivations chaque fois qu’ils agissent, soyez en sûr que l’Etat du Cameroun ne les mettrait pas à la disposition du public. Une chose est certaine, ces groupes n’agissent pas pour rien. Ils recherchent toujours quelque chose», précise Daniel Abwa, géostratège.

Il étaye ces propos en indiquant que les zones ou localités d’occupation et d’attaques, ciblées par les différents groupes armés, sont lourdes de significations, à l'image de la partie septentrionale du Cameroun, où vivent les Peuls et d'autres ethnies locales, éleveurs de bétail et dont la porosité des 1.600 km de frontière  entre le Cameroun et le Nigéria, favorisent l'accès de Boko Haram qui y trouve des populations solidaires et accueillantes, mais aussi et surtout faciles à dépouiller de leurs fortunes.

Selon Shanda Tomne, diplomate camerounais, « les actes de la secte Boko Haram, qui est dans une forte dynamique de se rapprocher d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), peuvent avoir pour motivation la détermination à internationaliser le mouvement islamiste ».

Ce qui n’est pas le cas pour les autres groupes armés qui opèrent aux frontières du Cameroun avec le Tchad d’une part et avec la RCA d’autre part. « Par contre, les groupes armés, qui sévissent à l’est et au nord-est du Cameroun, constitués, pour l’essentiel, d'anciens militaires ou rebelles tchadiens et centrafricains, sont à la recherche d’argent, d'armes de guerre et de ressources du sol et du sous-sol, pour se constituer un trésor de guerre », soutient Alain Foguié, politologue et enseignant d’université.

Pana 16/01/2014