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Formation sécuritaire pour enrayer la violence à Benghazi

Sécurité - L'attentat à la voiture piégée commis lundi contre l'Académie militaire de Benghazi est le deuxième après celui de décembre dernier contre un poste de sécurité à la sortie de cette ville, d'où est partie la révolution libyenne de 2011.

Les réactions de condamnation de cette énième attaque se sont poursuivies mardi, émanant aussi bien d'organisations de la société civile que de l'administration publique et de pays amis de la Libye.

La dénonciation de cette violence aveugle et gratuite revient comme un leitmotiv face à l'incompréhension et la stupéfaction des Libyens qui voient de jour en jour s'éloigner leur rêve de voir leur pays retrouver sa place au sein des nations démocratiques après les sacrifices consentis lors de la révolution qui a renversé en 2011 le régime dictatorial de Mouammar Kadhafi.

Excédés par ce cycle de violences infernales, des habitants de Benghazi ont manifesté lundi soir pour exprimer leur colère face à l'incapacité des autorités à renverser la vapeur de cette logique meurtrière des attentats.

Des pneus ont été brûlés et des barricades érigées sur certaines voies et places publiques de la ville par des jeunes qui ont crié leur ras-le-bol et appelé le gouvernement et le Congrès à soutenir les organes de sécurité pour mettre fin à ces assassinats et attentats qui ciblent militaires, policiers, juges, professionnels des médias et de la société civile.

Pour le colonel de l'Armée libyenne, Mohamed Hijazi, expert en sécurité, les auteurs de ces actes de violence sont connus de tous.

Il pointe du doigt les groupes armés de la mouvance islamiste, notamment Ansar Ashariaa, un groupe salafite djihadiste très implanté dans l'est du pays.

Selon lui, 'l'Etat n'a pas encore manifesté la volonté réelle et ferme de les combattre'.

Mais ce ne sont pas uniquement les islamistes qui sont impliqués dans cette violence, a affirmé Brahim al-Jalouli, qui ajoute que 'les partisans de l'ancien régime ont certainement une main dedans et œuvrent pour faire avorter tous les efforts visant à bâtir un nouvel Etat libre et démocratique en Libye'.

'Des ex-détenus condamnés pour des crimes ayant fui lors de spectaculaires évasions collectives de prisonniers dans plusieurs centres de détention dans le pays en particulier à Benghazi sont aussi impliqués dans ces attentats', a-t-il ajouté.

Pour Walid Bourchane, analyste politique, 'la question ne réside pas tant dans les auteurs de ces attentats qui peuvent être facilement identifiés que dans la manière d'arrêter cette spirale de violence qui détruit tout sur son passage'.

Il a reconnu le manque de moyens octroyés par l'Etat dans la formation des organes de sécurité, notamment l'Armée et la Police.

Selon lui, ces groupes armés disposent d'équipements sophistiqués et sont supérieur en puissance de feu aux unités de l'Armée et de Police encore en gestation.

L'ancien Premier ministre, Ali Zeidan, a indiqué samedi que les problèmes sécuritaires à Benghazi, sont provoquées par des lacunes liées au manque de coordination entre le Conseil local de la ville, la Chambre commune de sécurité et les forces spéciales.

Il signale que le gouvernement a octroyé 15 millions de dinars (1 dollar = 1,25 dinar libyen) comme soutien à la Chambre de sécurité et trois autres millions de dinars en matériels.

Pour l'ancien porte-parole de la Direction de la sûreté de Benghazi, le lieutenant Tarek al-Kharaz, les moyens mis à la disposition par le gouvernement n'ont pas servi aux unités sur le terrain, mais ce sont les responsables de la direction qui ont profité de ces fonds et matériels pour leur intérêts personnels.

Selon lui, la solution pour juguler cette violence à Benghazi réside dans le renforcement des unités des forces de l'ordre sur le terrain en les dotant d'équipements .

Il a plaidé également pour l'activation des services de renseignements nécessaires dans le travail en aval pour la collecte des informations afin de prévenir et suivre de près les parties impliquées dans ces attentats.

Pour Hijazi, expert en sécuritéce travail de réhabilitation des organes de sécurité doit être accompagné par l'installation de caméras de surveillance à tous les axes de façon à quadriller la ville pour identifier et dissuader les auteurs des attentats.

Parlant des dispositions prises par les autorités locales pour faire face à cette violence, le président du Conseil local (équivalent de mairie) de Benghazi, Mahmoud Bourazeira, a annoncé l'engagement du Conseil à consacrer tous ses moyens pour renforcer les capacités des organes de sécurité.

Selon lui, il est nécessaire de multiplier les efforts pour parachever la formation d'une Armée et d'une Police capables de contrer la montée en puissance des milices et restaurer la stabilité dans la ville.

Cet avis est partagé par le président de la Commission des affaires intérieures au Congrès, Brahim Abouchaala, qui a précisé que le CNG était déterminé à apporter tous les moyens pour rétablir la sécurité dans la ville et mettre fin à cette violence.

La politique de recrutement dans les organes de sécurité adoptée par le gouvernement de Zeidan et la formation de l'Armée et de la Police tant attendue et réclamée par les Libyens n'ont pas encore donné de résultats probants.

La politique d'intégration des milices et groupes armés d'ex-rebelles qui ont combattu les troupes de Kadhafi dans l'armée n'a pas porté ses fruit devant le refus de ces éléments de rejoindre les rangs de l'armée.

Obnubilées par les avantages et les prestiges que leur procurent leurs armes et profitant de la faiblesse de l'Etat après l'effondrement des organes de sécurité dans le sillage de la révolution libyenne de 2011, les milices n'hésitent pas à défier les autorités qui les utilisent pour sécuriser des sites stratégiques.

L'unique solution pour venir à bout de cette violence face à la prolifération des armes dans le pays est la mie sur pied d'une Armée et d'une Police qui dépasseront en puissance ces milices pour pouvoir imposer l'ordre et la loi, a indiqué sous couvert de l'anonymat un diplomate occidental qui cite l'exemple du Liban.

La présence des armes aux mains des citoyens libanais face à une Armée puissante et organisée a, selon lui, à limité sensiblement les effets de ces armes alors qu'en Libye en l'absence d'armée organisée, ce sont les milices qui font la loi.

Pana 19/03/2014