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Prévention des violences politiques au Sénégal

Lancement d'un Groupe de prévention des violences politiques au Sénégal - Des personnalités et des organisations de la Société civile sénégalaises ont procédé, lundi à Dakar, au lancement du Groupe de réflexion et d’actions sur la prévention des violences politiques.

Ses initiateurs entendent mener des recherches exhaustives sur les sources de ces violences pour en saisir les ressorts afin de mieux les prévenir, mais aussi d’unifier toutes les actions de pacification de l’espace politique sénégalais.

Des acteurs de la Société civile, des experts en sécurité, le Comité sénégalais des droits de l’Homme et des spécialistes et des militants des droits humains ont réfléchi à la mise en place de ce cadre, a expliqué Rokhiatou Gassama, membre du Groupe.

Lors de la cérémonie de lancement, elle a rappelé l’absence de cadre unificateur susceptible de mettre en commun les efforts des chercheurs, des universitaires, des jeunes et des femmes, intéressés par la prévention et la gestion de ces phénomènes.

'Ce cadre va (leur) apporter un plus sur la problématique de la violence politique au Sénégal, un pays démocratique, cité partout en Afrique comme modèle de démocratie, mais qui n’est pas exempt de ce qui se passe à l’extérieur', a noté Mme Gassama, par ailleurs la présidente du Collectif des victimes de violences électorales.

Dernièrement, des membres du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République (APR), ont été cités dans des actes de violence, avec usage d’armes à feu et de bombes neutralisantes, à l’occasion de réunions de préparation des élections municipales et départementales du 29 juin prochain au Sénégal.

Entre janvier et février 2012, rappelle-t-on, les manifestations de contestation de la troisième candidature du président sortant, Abdoulaye Wade, avaient occasionné près d’une dizaine de morts à Podor (nord), Kaolack (centre-sud) et notamment Dakar, où un étudiant et un policier faisaient partie des victimes.

'La violence électorale, dont le spectre est beaucoup plus large, est une composante de la violence politique. Au-delà des normes et des institutions, il faut une vraie culture démocratique pour une compétition de programmes, d’idées, de projets dans un espace politique pacifiée', a déclaré Me  Abdoulaye Tine, membre du Groupe de réflexion et d’actions sur la prévention des violences politiques.

Quel que soit le degré de divergences, les adversités politiques doivent se régler pacifiquement à travers un dialogue continu pour avoir un consensus sur les règles du jeu, surtout électoral, a estimé cet avocat qui défend les intérêts des héritiers de victimes des violences pré-électorales de 2012.

'Nous devons protéger le Sénégal en nous interrogeant sur la base de la violence qui émaille les élections depuis des décennies', a souligné Rokhiatou Gassama, réaffirmant une commune volonté de son groupe de 'porter notre pays et ceux de la sous-région vers une démocratie citoyenne'.

Elle a regretté qu’au niveau des formations politiques, les 'Ecoles du parti' ne vivent plus leur vocation d’encadrement des militants en leur donnant une orientation citoyenne.

A cet égard, Mme Gassama a souhaité avoir des membres des partis à leurs côtés, pour une prise de conscience des sources de tensions dans le pays et poser les jalons de leur résolution pacifique.

'Les violences, ce n’est pas seulement les partis politiques, mais c’est aussi les citoyens et le cadre va dérouler des modules de formation destinés à ces cibles', a annoncé le professeur Babacar Guèye, co-fondateur du Groupe de réflexion et d’actions sur la prévention des violences politiques.

Concernant les actions à mener, cette organisation compte orienter son action, essentiellement, dans le domaine de la formation, la sensibilisation et l’éducation en direction des forces de sécurité, des politiques, des jeunes, des femmes, entre autres acteurs.

Pana 19/03/2014