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Tunisie: Décès du jeune qui s'est immolé par le feu

Tunis, Tunisie - Le jeune vendeur ambulant de cigarettes qui s'était immolé par le feu mardi matin à Tunis est décédé mercredi à l'aube, a appris la PANA auprès du centre des grands brûlés de Ben Arous où il avait été admis dans un état 'très critique'.


'Atteint de graves brûlures à 87 pc, il a succombé à ses blessures mercredi à 5h30 locales (4h30 GMT). Sa dépouille a été transférée à l'hôpital Charles Nicolle de Tunis pour autopsie', a déclaré à la PANA le directeur du centre Imed Touibi.

Originaire de Jendouba, une région pauvre du nord-ouest tunsiien, Adel Khédhiri, 27 ans, était établi avec sa famille à Mellassine, un quartier populaire de la périphérie de Tunis, à la recherche de moyens de subsistance, selon ses proches.

N'ayant pas trouvé de travail stable, il a dû vendre des cigarettes sur un étal au centre de la capitale pour subvenir aux besoins de ses cinq frères et de sa mère, étant orphelin de père.

Mais la police municipale lui saisissait à chaque fois sa marchandise. Désespéré, il avait menacé à plusieurs reprises de se donner la mort, d'autant qu'il souffrait de maux intestinaux et n'avait pas les moyens de se soigner, a raconté un de ses frères à la télévision nationale 'Watanya 1'.

Mardi matin, il était passé à l'acte en s'immolant par le feu après s'être aspergé d'essence devant le théâtre municipal de Tunis, situé sur l'avenue Bourguiba, principale artère de la capitale, devant une foule de passants 'choqués' par le scène.

Son geste rappelle un acte similaire perpétré il y a plus de deux ans par un autre vendeur ambulant de fruits et légumes à Sidi Bouzid, une région déshéritée du sud-ouest du pays.

Révolté contre la saisie de sa marchandise par la police municipale qui l'a humilié, Mohamed Bouazizi s'était donné la mort dans les mêmes circonstances le 17 décembre 2010, provoquant un soulèvement populaire qui a fait chuter le régime dictatorial de l'ancien président Ben Ali et l'a poussé à fuir en Arabie Saoudite.

Ce qui a été appelé 'la révolution du jasmin' a aussitôt fait tâche d'huile dans plusieurs pays de la région pour déclencher 'le Printemps arabe' qui est venu à bout d'autres régimes totalitaires, notamment en Egypte, en Libye et au Yémen.

Touché lui aussi, le régime syrien de Bachar Al Assad résiste encore malgré les dizaines de milliers de victimes civiles tombées depuis près de deux ans.

Pana 14/03/2013