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Assister les réfugiés centrafricains au Cameroun

L’ONU a besoin de 10 millions de dollars d’urgence pour assister les réfugiés centrafricains installés au Cameroun - Le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique Centrale, Abou Moussa, a lancé un appel à la communauté internationale et aux bailleurs de fonds afin de mobiliser d’urgence 10 millions de dollars nécessaires pour apporter une aide d’urgence aux 140.000 réfugiés centrafricains installés au Cameroun.

L’appel a été lancé vendredi dernier à Yaoundé, à l’issue d’une visite de travail de sept jours que M. Abou Moussa a effectuée à l’Est du Cameroun.

Au cours de cette mission au Cameroun, il a eu des séances de travail avec des autorités camerounaises, notamment le Secrétaire général de la présidence de la république, le Premier ministre, les ministres des Relations extérieures et de la Défense, ainsi que des membres du corps diplomatique et des représentants du système des Nations Unies.

M. Abou Moussa a indiqué aux journalistes que lui et sa délégation ont visité certains sites et lieux de transit, notamment ceux de Gabo Badzere et de Garoua-Boulai, à la frontière avec la République Centrafricaine, ce qui leur a permis de mieux toucher du doigt les réalités et le vécu quotidien de ces personnes vulnérables ayant fui la guerre en RCA.

«Les victimes, qui représentent une douzaine de nationalités, sont exposées aux maladies de toutes sortes du fait des conditions de logement et d’hygiène insoutenables, et pour éviter les épidémies comme le choléra, il faut agir vite, ensemble, d’autant plus que la saison des pluies approche», a-t-il souligné.

Insistant sur la nécessité impérieuse de construire des points d’eau et des latrines, M. Moussa a salué les efforts du Cameroun qui accorde une attention accrue à la situation des réfugiés fuyant les tensions meurtrières en République Centrafricaine (RCA).

Au cours d’une conférence de presse animée le 14 mars à Yaoundé, la capitale du Cameroun, Abou Moussa a, notamment exprimé le vœu que les donateurs financent « davantage l’aide humanitaire », compte tenu de la précarité dans laquelle ces réfugiés vivent dans les différents camps et sites installés dans les régions de l’Adamaoua et de l’Est.

Après avoir visité les localités de Gado Badzere et de Garoua-Boulaï, à la frontalière avec la RCA, M. Moussa a indiqué aux journalistes qu’il était temps d’accélérer le rythme des contributions aux opérations de secours à ces personnes vulnérables.

Selon les estimations récentes du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), depuis 2004, le Cameroun compte plus de 140.000 réfugiés venus de la RCA. Plus de 42.000 d’entre eux ont été enregistrés entre le 1er janvier et  le 13 mars 2014, dont plus de 26.000 à l’Est. Ces derniers temps, entre 4000 et 5000 nouveaux arrivants débarquent chaque semaine au Cameroun.

Il a révélé que les agences spécialisées des Nations Unies ont déjà débloqué 10 millions de dollars sur fonds propres pour faire face aux urgences et que dans une semaine, il leur faudra encore au moins 10 millions de dollars pour remplir efficacement leurs obligations en faveur des réfugiés.

«L’enjeu est capital, car il s’agit de sauver des vies, de diminuer les souffrances et de préserver la dignité humaine », a-t-il expliqué, rappelant que cette question cruciale fait partie du plan en six points proposé par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, pour mettre fin à l’instabilité en RCA.

«Un important travail de fond est à mener pour que les victimes retrouvent une vie normale, en particulier les femmes qui subissent les viols sur le chemin de l’exil, ainsi que les enfants traumatisés par la guerre et les abus subis par leurs parents», a dit M. Moussa.

Il a soutenu que les « auteurs de ces actes odieux et de toutes les autres violations des droits de l’homme constatées par les organismes compétents doivent être poursuivis et punis conformément à la loi et au droit international », a-t-il observé.

Le Chef de l’UNOCA s’est ensuite appesanti sur les effets collatéraux de la crise centrafricaine sur le secteur économique, ainsi que son impact sur le plan sécuritaire.

«Il faut renforcer la surveillance dans les différents points d’entrée et dans des endroits non identifiés comme tel pour préserver la paix sociale, garantir l’intégrité physique des citoyens et éviter la circulation incontrôlée des armes », a noté M. Abou Moussa.

M. Moussa s’est réjoui du fait que le gouvernement camerounais ait inscrit ce défi parmi ses priorités et a encouragé les autorités à poursuivre leur politique en faveur de la protection des réfugiés et de la sécurisation des frontières.

Après le Cameroun, le représentant spécial se rendra au Congo et en République démocratique du Congo (RDC). Ces deux pays reçoivent aussi des réfugiés en provenance de la RCA, tout comme le Tchad où il a déjà effectué une mission d’évaluation en février dernier.

Pana 18/03/2014