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Conférence nationale au Nigeria ce lundi

Une Conférence nationale, destinée à fournir une plate-forme aux Nigérians pour engager le dialogue sur les multiples défis qui se posent à leur pays, doit s'ouvrir ce lundi à Abuja, après des mois de préparation.

492 délégués représentant les 36 Etats, les partis politiques, les ethnies, les associations professionnelles et la Société civile, notamment, ont convergé sur la capitale fédérale pour l'ouverture de cette conférence, qui sera présidée par le chef de l'Etat nigérian, Goodluck Jonathan, à 16 heures locales.

En expliquant le déroulement de cette conférence, le Secrétaire du gouvernement fédéral, Anyim Pius Anyim, a annoncé qu'elle allait durer trois mois et  discutera de tous les sujets, à l'exception de l'indivisibilité et de l'indissolubilité du Nigeria en tant que nation.

Selon lui, la Conférence nationale va conseiller le gouvernement sur 'le cadre légal, la procédure juridique et les options d'intégration de la décision et des conclusions de ces assises dans la Constitution et les lois du pays'.

Le principal parti d'opposition du Nigeria, All Progressives Congress (APC), boycotte cette conférence, estimant qu'elle n'aura pas une portée suffisante parce qu'elle n'est pas souveraine et que ses décisions seront soumises à la ratification de l'Assemblée nationale.

Cependant, les 16 Etats sous le contrôle de l'APC ont envoyé des délégués à cette conférence, la dernière d'une série d'efforts d'une nation, fabriquée de toutes pièces par la colonisation britannique, pour résoudre ses divergences et consolider son unité.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique avec ses 167 millions d'habitants, a d'énormes problèmes d'ordre économique, social et politique.

Mais le défi le plus pressant est celui de la sécurité des vies et des biens, en particulier avec la poursuite des exactions de la secte islamiste Boko Haram dans le Nord.

L'enlèvement pour rançon, qui est généralisée dans le Sud, les crimes violents ainsi que les incessants conflits inter-ethniques et religieux ont plongé le pays dans une situation d'insécurité perpétuelle.

Selon 'Nigerian Security Tracker', un projet du Council on Foreign Relations, une organisation indépendante et non-partisane américaine, 15.000 personnes ont été tuées dans des crimes violents en un peu plus de trois ans depuis 2011.

Les analystes pensent que ce nombre pourrait être bien plus élevé, si l'on tient compte des nombreux décès enregistrés durant la seule semaine passée.

Dans un éditorial sur la conférence ce lundi, 'Punch', quotidien à plus fort tirage du pays estimé que: 'la tâche qui attend les participants à cette conférence est d'arrêter le glissement vers le chaos et de remédier à l'échec flagrant de l'Etat en faisant de manière responsable et réaliste les recommandations appropriées et en élaborant une Feuille de route pour une configuration politique viable'.

'Pour éviter la catastrophe, la situation politique, économique et sécuritaire qui prévaut doit rester présente à l'esprit des conférenciers. Ils ne peuvent ignorer le sentiment palpable d'angoisse et de mécontentement qui prévaut dans le pays. Ils doivent se considérer à l'aube de notre histoire', écrit 'Punch'.

En s'exprimant en prévision de cette conférence, le porte-parole présidentiel, Reuben Abati, a déclaré que le président Jonathan espérait que ce dialogue porterait véritablement sur le Nigeria et son avenir et non sur des intérêts égoïstes.

'L'attente du président est que cette conférence devrait être une opportunité de renforcer l'unité nationale et que les débats soient un tremplin pour faire avancer le Nigeria.

'Son souhait est que les participants engagent un dialogue franc et ouvert et qu'ils s'élèvent au-dessus des intérêts partisans et se consacrent au Nigeria', a-t-il souligné.

Reste à savoir si cette conférence à 07 milliards de nairas, soit 42 millions de dollars, répondra aux attentes dans les jours qui viennent.

Pana 17/03/2014