Un jeune tunisien, Adel Khédhiri, s'est immolé par le feu mardi matin en plein centre de Tunis, provoquant une panique parmi les passants, selon des témoins oculaires.
Une dame présente sur les lieux a expliqué que le jeune homme, vendeur ambulant de cigarettes, avait versé de l'essence sur son corps avant d'y mettre le feu.
'Regardez la jeunesse tunisienne au chômage, réduite à vendre des cigarettes', s'est-il écrié devant la foule accourue en face du théâtre municipal de Tunis, sur l'avenue Bourguiba, principale artère de la capitale.
Sérieusement atteint par les flammes, il a été vite secouru par des passants dont l'un l'a enveloppé d'un blouson, avant l'arrivée de la protection civile (pompiers), qui l'a transféré dans un état jugé 'très critique' au centre des grands brûlés de Ben Arous, à une dizaine de kilomètres de Tunis.
'Brûlé à 90 pc, il est actuellement dans le coma', a précisé à la PANA le directeur du centre Imed Touibi.
Adel Khédhiri, 27 ans, est originaire de Jendouba, ville déshéritée du nord-ouest tunisien.
Son geste rappelle celui de Mohamed Bouazizi, vendeur ambulant de fruits et légumes de Sidi Bouzid (centre-ouest) dont l'immolation par le feu, un certain 17 décembre 2010, avait provoqué un soulèvement populaire qui avait conduit à la chute du régime dictatorial de l'ancien président Ben Ali et fait tâche d'huile dans plusieurs pays arabes dans ce qui a été appelé 'le printemps arabe'.
Plus de deux ans, après 'la Révolution du jasmin', la Tunisie continue d'être secouée par des troubles sociaux, notamment dans les régions pauvres de l'intérieur du pays qui protestent contre la détérioration des conditions de vie précaires de leurs populations.
En novembre dernier, des émeutes ont fait plus de 300 blessés dans la région de Siliana, dans le nord-ouest du pays.
Pana 13/03/2013