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Justice: Permettre aux victimes de viol collectif de porter plainte

Equality Now exhorte le Soudan à permettre à une femme victime de viol collectif de porter plainte - Une femme éthiopienne victime de viol collectif en août 2013 par un groupe de sept personnes au Soudan qui ont été condamnées à un mois de prison, fait maintenant face à une éventuelle expulsion et des accusations selon les dispositions juridiques en matière d'adultère, a annoncé ce vendredi l'organisation de défense des droits  des femmes, Equality Now.

Un rapport publié par l'organisation remis à la PANA indique qu'une action urgente est nécessaire suite à l'appel introduit au nom de la victime contre les nouvelles accusations de délit pénal.

D'après le rapport, l'audience sur les accusations en matière d'immigration portées contre la victime âgée de 19 ans, enceinte et divorcée au moment des faits, a été renvoyée au 2 avril 2014.

'Cette affaire met en exergue les problèmes énormes que rencontrent les femmes pour obtenir justice au Soudan pour des cas de viol et de violence sexuelle', indique Equality Now qui souligne que les auteurs qui ont reconnu leur forfait ont été condamnés à recevoir des coups de fouet et à payer une amende.

Trois des violeurs ont été inculpés pour adultère, deux pour actes indécents et un pour avoir distribué du matériel indécent. Leurs peines consistent à recevoir des coups de fouet et à payer une amend, mais la septième personne a été libérée faute de preuves suffisantes.

D'après la version de Equality Now, la ressortissante éthiopienne a été acheminée dans une propriété vide et violée par les sept hommes.

'Après la publication du film choquant du viol sur Internet en janvier 2014, les autorités ont procédé à l'arrestation de toutes les personnes impliquées dont la victime. Elle a été par conséquent accusée d'atteinte publique à la morale et reconnue coupable d'actes indécents – en se faisant violer', indique le rapport de l'organisation.

'Elle purge depuis lors une peine d'emprisonnement accompagnée d'une forte amende de 5000 livres soudanaises (environ 900 dollars américains) et elle fait actuellement face à une éventuelle déportation et à des accusations d'adultère selon les dispositions juridiques en matière d'adultère (zina), qui criminalisent les femmes célibataires et même les femmes divorcées', poursuit le document.

Equality Now exhorte la communauté internationale à lancer un appel aux officiels soudanais pour qu'elles abandonnent touts les accusations pesant contre cette jeune femme et à réformer les lois soudanaises pour soutenir les victimes de violence sexuelle au lieu de les criminaliser.

L'organisation de défense des droits des femmes indique que le procureur général du Soudan l'a tout le temps empêchée-- sans base juridique – de déposer une plainte pour viol sur la base qu'elle fait l'objet d'une enquête pour une infraction pénale liée à l'atteinte aux bonnes mœurs.

“Depuis son arrestation et malgré sa grossesse avancée, la jeune fille est détenue dans les cellules de la police et jusqu'à récemment son transfert dans une structure médicale lui a été refusée”, indique le rapport de l'organisation de défense des droits de la femmes qui ajoute que sa peine a été suspendue à cause de sa grossesse et qu'elle a été placée sous probation pendant un période de six mois.

Tout en appelant à une réforme juridique urgente, surtout de l'article 149 du code pénal relatif au viol, Equality Now lutte pour l'abandon de toutes les accusations pesant sur la jeune femme et la cessation de toutes les poursuites juridiques visant à la rapatrier en Ethiopie.

Pana 16/03/2014