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Le champ pétrolier d'Al-Charara à nouveau fermé

Des protestataires ont procédé vendredi, à la fermeture du champ pétrolier d'Al-Charara (Sud) moins d'une semaine après avoir levé leur blocus, expliquant leur geste par la non satisfaction de leur requête, selon une source proche du mouvement.

Les protestataires avaient accepté le 4 mars dernier de mettre fin à leur mouvement suite à la médiation du président de la commission gouvernementale, l'ancien ministre de la Défense, Abdallah Al-Then, nommé depuis Premier ministre par intérim, ayant abouti à un accord portant sur la satisfaction de leurs revendications.

'Nos requêtes n'ont pas été satisfaites', a expliqué le porte-parole des protestataires, Muftah Ben Yahmed, pour justifier la reprise de leur mouvement.

Selon lui, seul le point portant sur l'octroi de numéro d'identification aux familles inscrites sur le livret familial est en cours de résolution avec la mise en place d'une commission chargée de régulariser leur situation.

Les autres points de revendication n'ont pas connu de suite de la part des autorités qui avaient promis d'accéder aux demandes des protestataires.

Des habitants de la ville de Oubari (Sud) ont organisé un sit-in, pour la seconde fois depuis octobre dernier, sur le champ d'Al-Charara (340.000 barils/jour)  pour réclamer la création d'une mairie et l'attribution de numéros d'identification à la minorité Touareg pour leur permettre d'acquérir des documents d'identité nationale.

Mercredi dernier, la Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a annoncé que la production qui avait chuté à environ 250.000 barils par jour était remontée à 410.000 b/j à la faveur de la reprise de la production du champ pétrolier d'Al-Charara après la levée du blocus par les habitants de la région.

Mais ce champ pétrolier ne produit actuellement que 210.000 barils/jour et n'atteindra sa capacité de production que dans les prochains jours, selon cette même source qui prévient que ces projections risquent d'être compromises avec la fermeture de cet important site pétrolier.

L'arrêt des exportations du pétrole libyen en raison du blocus imposé par des groupes armés séparatistes dans l'Est du pays a eu des impacts négatifs sur le budget de l'Etat libyen, a affirmé mercredi dans la soirée, le ministre du Pétrole par intérim, Omar Chakmak.

'Les recettes (tirées du pétrole) réalisées dans le deuxième semestre de 2013 ont enregistré une baisse et un déficit de plus de 8 milliards de dollars américains', a dit M. Chakmak.

Selon lui, 'ce déficit  s'est poursuivi jusqu'au premier trimestre de 2014', précisant que 'le taux de recettes réalisé conformément aux dispositions du budget présenté en janvier a atteint 16%, ainsi qu'en février'.

Quatrième producteur africain de pétrole (1,6 million de barils) avant la révolution qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi, la production de la Libye avait retrouvé en 2012, un niveau de 1,5 million b/j avant de chuter à moins de 200.000 b/j après la fermeture des terminaux pétroliers dans l'Est du pays par des groupes armés séparatistes.

Face à cette situation, le président du Congrès général national (CGN), la plus haute autorité législative et politique en Libye, Nouri Abushamein, a menacé mercredi d'accorder un délai de deux semaines aux groupes armés séparatistes qui ferment les ports pétroliers pour lever le blocus, précisant vouloir laisser l'opportunité aux médiations d'aboutir.

Dans cette optique, le président du CGN avait décidé lundi dernier, de la formation d'une force militaire chargée de lever le blocus des principaux terminaux pétroliers à l'Est de la Libye.

Pana 16/03/2014