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Justice: Arrestation d'anciens dignitaires politiques au Malawi

Au moins dix ex-hauts responsables du gouvernement malawite, dont des ministres, ont été arrêtés ce lundi pour avoir prétendument empêché la vice-présidente de l'époque, Joyce Banda, d'accéder au pouvoir suite au décès du président Bingu wa Mutharika en avril de l'année dernière.


L'arrestation de ces personnalités dont le frère de feu le président Mutharika, le professeur Peter Mutharika, l'ex-ministre de l'Information Patricia Kaliati et le Commandant de la Garde de M. Mutharika, Duncan Mwapasa, a suscité une vague de violences dans la capitale économique, Blantyre, où des partisans du Democratic Progressive Party (DPP-ex parti au pouvoir) sont descendus dans les rues pour protester contre ces arrestations.

La Police a dispersé la manifestation à coups de gaz lacrymogène.

Peter Mutharika est le candidat présidentiel du DPP pour les prochaines élections de mai 2014.

L'actuel ministre de la Planification économique et du Développement Goodall Gondwe, qui était ministre des Finances de M. Mutharika et sa Sécretaire générale Bright Msaka, qui était également Secrétaire général dans l'ancien régime.

L'ex-ministre de l'Administration Locale Henry Mussa, l'ex-ministre de la Jeunesse Symon Vuwa Kaunda, l'ex-ministre de la Santé Jean Kalinari, l'ex-ministre des Affaires présidentielles Nicholas Dausi et l'ex-ministre délégué aux Affaires étrangères, Kondwani Nankhuma ont également été arrêtés.

'Je suis en mesure de confirmer que suite à la parution d'un rapport sur la mort du président Mutharika, les forces de l'ordre au Malawi ont tout lieu de penser que certaines infractions pénales ont été commises par certains individus et qu'il a été procédé à des arrestations', a déclaré le ministre de l'Information Moses Kunkuyu dans une interview accordée à la PANA.

Le rapport sur le décès de M. Mutharika, remis à la présidente Banda mercredi dernier, a révélé que suite à la mort par arrêt cardiaque de l'économiste devenu politicien de 78 ans le 05 avril, des ministres et de hauts responsables du gouvernement ont tenu plusieurs réunions secrètes destinées à écarter la vice-présidente de l'époque, Mme Banda qui, selon la Constitution, devait prendre le pouvoir.

M. Mutharika et Mme Banda s'étaient brouillés après que son patron lui a préfèré son jeune frère Peter, pour le remplacer après sont départ en 2014. Mme Banda, qui était la première sur la liste de la succession, s'était opposée à l'adoubement du professeur de Droit constitutionnel de 72 ans de la Washington State University et avait été exclue du parti au pouvoir.

Elle avait par la suite fondé son propre People's Party (PP).

Selon le rapport, le frère du défunt président et M. Gondwe avaient suggéré au commandant en chef de l'Armée, le général Odillo, que l'armée 's'empare du pouvoir'. Mais le général Odillo aurait déclaré 'ne pas se sentir à l'aise avec cette proposition car elle n'était pas prévue par la Constitution'.

Alors que l'administration Mutharika cherchait une solution, elle aurait retardé la confirmation de la mort du président et envoyé la dépouille de ce dernier en Afrique du Sud pour, selon le ministre de l'Information de l'époque, 'des traitements'.

L'administration aurait confirmé à contre-coeur le décès du président le 07 avril et Mme Banda avait rapidement prêté serment le même jour. Elle avait limogé la plupart des adjoints de M. Mutharika, mais en avait conservé quelques-uns dont M. Gondwe.

Lors des violences de ce lundi suscitées par ces arrestations, plusieurs véhicules ont été saccagés et des policiers agressés mais le porte-parole de la Police, Nicholas Gondwa, a déclaré qu'il n'avait été procédé à aucune arrestation.

L'ex-Première dame, Callista Mutharika, qui s'est rendu au commissariat où son beau-frère a été placé en garde à vue, a déclaré à une foule de partisans agités du DPP qu'elle était déçue par la présidente Banda.

Callista Mutharika, qui avait épousé feu le président en 2010 après le décès de la première épouse du président en 2007, a été évacué pour sa sécurité après que la police a dispersé sa conférence de presse impromptue avec des gaz lacrymogènes.

Pana 12/03/2013