Sécurité - La force mixte, formée par le ministère de l'Intérieur et l'état-major de l'armée, se prépare à exécuter d'importantes opérations de nettoyage des différentes fermes situées dans la banlieue de Tripoli en évacuant leurs occupants qualifiés 'de criminels', a annoncé dimanche dans la capitale libyenne, le porte-parole officiel du ministère de l'Intérieur, Moujdi Al-Irki.
Il a précisé que la force mixte allait, immédiatement après les opérations, rendre les fermes à leurs propriétaires.
Toutefois, le porte-parole des ex-rebelles de Tripoli, Hud Ali Kassem, a annoncé le refus de ses camarades de tout plan sécuritaire visant à les éloigner de la ville.
Dans une déclaration faite à l'Agence libyenne d'information, l'ex-rebelle a estimé que la constitution de cette force mixte sans y associer les ex-rebelles et la 'chambre sécuritaire de Tripoli, pour s'attaquer aux sites occupés par des unités armées sont illégales'.
Cette démarche ignore les ex-rebelles civils qui ont consenti des centaines de martyrs pour libérer la Libye, a encore martelé Kassem.
Le Premier ministre libyen, Ali Zeidan, rappelle-t-on, avait, la semaine dernière, annoncé lors d'une conférence de presse, la constitution d'une force pour s'attaquer à l'ensemble des sites occupés par des unités armées qui agissent en dehors de la loi, à Tripoli ou dans toutes les autres villes de la Libye.
Il avait réaffirmé le refus de son gouvernement de permettre l'existence des groupes armés en dehors de l'autorité de l'Etat (police et armée), appelant toutes les unités armées hors-la-loi à remettre les sites qu'elles occupent et leurs armes au ministère de l'Intérieur et à se soumettre à la légalité.
Ces derniers développements interviennent au lendemain de l'attaque contre le siège du Congrès national général, la plus haute autorité de la Libye, par des hommes armés qui avaient bloqué les travaux de l'institution parlementaire et tenté d'assassiner le président du Congrès, Mohamed Al-Mégrayef.
Ce dernier a affirmé, samedi soir que son institution ne reprendra ses séances de travail que dans un lieu sûr et ne prendra aucune décision sous la contrainte ou menace.
Le ministre de l'Intérieur, Achour Chawali, rappelle-t-on, avait annoncé mercredi dernier la constitution d'une force mixte regroupant des éléments de son département et de l'état-major de l'armée pour évacuer les sites occupés par des ex-rebelles, agissant en dehors de l'autorité de l'Etat.
Il avait révélé que le gouvernement libyen avait mis en place un plan destiné à libérer des lieux occupés dont des fermes, des aires de repos et des résidences à Tripoli, dans une première phase, avant de poursuivre l'exécution du plan sur toute l'étendue du territoire de la Libye, dans une seconde phase.
Des centaines de milices armées se sont constituées en majorité, au lendemain de la libération de Tripoli, le 20 août 2011.
Elles ont ensuite pris des quantités importantes d'armes qui avaient été distribuées par l'ancien régime juste avant sa chute dans les institutions civiles, comme les écoles, les édifices publics et dans les quartiers afin de plonger le pays dans l'anarchie, notent les observateurs.
D'autres milices viennent des villes de l'ouest du pays et ont occupé, par la force, les édifices gouvernementaux, des fermes et des résidences dont la majorité appartiennent aux dignitaires de l'ancien régime et refusent de les évacuer.
Les organisations de la société civile et les habitants de Tripoli ont, sur la même lancée, demandé, lors d'une manifestation monstre mercredi soir, organisée à la place des martyrs, la dissolution des unités et groupes armés qui agissent en dehors de la légalité.
Les manifestants avaient exigé la libération immédiate par les unités armées hors-la-loi des sites qu'elles occupent et leur restitution à l'Etat.
Un membre de la commission de coordination des organisations de la société civile, Nouri Ali Al-Daroufki, avait affirmé que le 25 mars courant constituait le dernier délai pour les milices évoluant à Tripoli pour continuer leurs agissements et que passé ce délai, les organisations de la société civile, en collaboration avec les ministères de l'intérieur et de la défense, allaient les attaquer et libérer les lieux occupés.
Pana 12/03/2013