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Accord sur les APE: les églises mettent en garde

Le Secrétaire général de l'Association des Conseils Chrétiens et Eglises d'Afrique de l'Ouest, le Révérend Tolbert Thomas Jallah Jr., s'est déclaré très déçu par la conclusion rapide d'un accord sur les APE entre la CEDEAO et l'Union européenne (UE).

Dans un communiqué transmis à la PANA à Lomé ce jeudi, le Révérend Jallah, un militant anti-APE bien connu, a également critiqué le 'caractère secret' du texte adopté. Il a insisté sur la nécessité de rendre ce document public.

Alors qu'il rencontrait récemment l'ambassadeur de l'UE au Togo, Nicolas Berlanga-Martinez, le Révérend Jallah a réaffirmé la désapprobation des églises d'Afrique de l'Ouest de 'la manière' dont les négociateurs commerciaux du bloc régional de la CEDEAO étaient parvenus à un accord avec l'UE.

Il a préconisé plus de transparence et d'équité dans le cadre de ces négociations par la tenue de consultations nationales avec les gouvernements, les autorités religieuses et les organisations de la Société civile.

'Les APE CEDEAO-UE ne reflètent pas un véritable esprit de partenariat puisque des pressions excessives ont été exercées par l'Union européenne sur la Commission de la CEDEAO et ses pays membres avec un ultimatum unilatéral, arbitraire et égoïste fixé pour la signature des APE jusqu'en octobre 2014', a déclaré le Révérend Jallah au Chef de la délégation de l'UE. 'Ce qui n'est pas juste et s'éloigne du cadre de l'Accord de Cotonou', a-t-il ajouté.

Pour sa part, l'ambassadeur Berlinga-Martinez a nié le fait que l'UE avait exercé des pressions sur la Commission de la CEDEAO puisque l'accord était négocié depuis plus d'une décennie. Il a estimé que lesdites négociations avaient pris beaucoup de retard et qu'il fallait les conclure, en soulignant que les APE allaient renforcer de bonnes relations commerciales dans la sous-région de la CEDEAO et promouvoir une plus grande intégration entre les Etats membres.

Cependant, le Révérend Jallah a rejeté les explications de l'ambassadeur en soutenant que les APE scelleraient plutôt l'éternel pillage des ressources des économies de la CEDEAO, empêchant ainsi l'implantation d'usines de transformation des matières premières africaines.

Il a indiqué que les Africains de l'Ouest allaient perdre leurs marchés intérieurs, ce qui déboucherait sur l'exploitation, le chômage et le sous-emploi, tandis que les petits exploitants agricoles et les travailleurs dans la région allaient subir des régimes de prix dominés par les pays industrialisés.

Le Révérend Jallah a invité la Commission de la CEDEAO à résister à la tentation et à l'avidité de la Commission de l'UE et à préserver les matières premières pour les citoyens de la sous-région. 'Ne mettez pas à genoux nos petits agriculteurs et n'exposez pas nos industries et économies naissantes par la libéralisation du commerce à l 'exploitation des pays industrialisés', a-t-il averti. 'Nos populations doivent avoir accès aux marchés, réguler leurs propres marchés et résoudre leurs problèmes de développement'.

La PANA rappelle que l'UE et l'Afrique de l'Ouest sont parvenues à un compromis sur les APE, suite à plus de 10 ans de négociations. Cet accord commercial doit accorder un accès  à long terme au marché européen à 16 pays d'Afrique de l'Ouest sans qu'ils soient soumis à des tarifs ou quotas.

Ces 16 pays africains sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Côte d'Ivoire, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Liberia, le Mali, le Niger, le Nigeria, le Sénégal, la Sierra Leone, le Togo et la Mauritanie.

Selon la Commission européenne, ces pays africains représentent 40 pour cent de tous les échanges entre l'UE et les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).

Pana 14/03/2014