AfriqueJet | News Informations

Banque: L’UEMOA invitée à la spécialisation bancaire

Spécialisation bancaire - L’UEMOA est invitée à la spécialisation bancaire en vue de favoriser l’industrialisation et l’émergence économique de la zone, dans le cadre des travaux du troisième congrès des économistes africains démarré mercredi à Dakar.


Intervenant sur le thème : « Système bancaire et Industrialisation : le cas de l’UEMOA », Toyidi Bello enseignant chercheur à l’Ecole Nationale Supérieure de Statistique et d'Economie Appliquée (ENSEA) d'Abidjan et Makan Doumbouya ingénieur statisticien économiste à la Banque Centrale de la République de Guinée invitent les autorités de l’UEMOA à «mettre en œuvre des politiques visant à développer et à diversifier les institutions de financement et à revenir à la spécialisation bancaire» en vue  d’assurer à long terme l’industrialisation et une croissance soutenue au sein de l’espace.

A ce titre, indiquent-ils, des banques de développement et des banques d’affaires doivent être créées, et une révision des conditions de rémunération des dépôts couplée avec de nouveaux produits d’épargne devient un impératif catégorique au sein de l’UEMOA.

Pour ces chercheurs, la révision des conditions de rémunération de l’épargne devra offrir aux épargnants potentiels des taux d’intérêts réels largement positifs à l’instar de la Coré du Sud qui, au début des années 1960, a hissé le niveau du taux d’intérêt à environ 15%.

Ils suggèrent une implication plus massive du système bancaire dans le secteur industriel au détriment des activités spéculatives à l’effet d’entraînement limité, mais à haut rendement pour le secteur bancaire.

Les autorités de la zone devront également promouvoir les services de microfinance, permettant aux populations n’ayant pas suffisamment de moyens d’accéder facilement aux crédits à des taux favorables.

L’absence de garanties étant l’un des principaux obstacles aux crédits dans la zone UEMOA, les autorités des Etats de la zone devront faire des efforts pour rendre plus complètes les informations sur les actifs immobiliers (la propriété, l’emplacement, les dimensions et la valeur d’un actif donné) et faciliter l’accès à ces informations, ce qui
permettra de réduire le coût de la surveillance et donc le coût du crédit.

Pour pallier toujours l’absence de garanties pour certains emprunteurs, il est nécessaire que les autorités étatiques de la zone fournissent des garanties partielles pour les crédits accordés aux PME par les banques commerciales.

Ce mécanisme pourrait être orienté principalement vers le secteur de l’agriculture qui a du mal à obtenir des prêts et est exposé au risque climatique.

Ces mécanismes de garantie doivent être fiables, efficaces et pratiques pour réduire les charges d’exploitation des banques et le coût du crédit en vue d’inciter les établissements financiers à prêter aux PME.

Le 3ème congrès des économistes africains, organisé depuis mercredi dernier par la Commission de l’Union africaine et la Commission économique pour l’Afrique (CEA), regroupe 150 économistes africains de la diaspora et du continent pour identifier et analyser les problèmes économiques qui caractérisent les pays africains et proposer des solutions efficaces et durables.

Pana 09/03/2013