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Libye: Une force pour faire face aux milices

Le ministre libyen de l'Intérieur annonce la création d'une force pour faire face aux milices - Le ministre libyen de l'Intérieur, Achour Chawali, a annoncé qu'une force créée conjointement entre le ministère de l'Intérieur et l'état-major général des armées va commencer cette semaine l'opération de nettoiement et d’évacuation des sites occupés par des unités et groupes armés qui agissent en dehors de l'autorité de l'Etat.


S'exprimant lors d'une conférence de presse mercredi à Tripoli, M. Chawali a révélé que le gouvernement libyen a mis en place un plan global destiné à évacuer ces sites des groupes armés qui agissent en dehors de la légalité et qui mènent des rapts, des tortures et des cambriolages à main armée.

Il a précisé que le plan touche les fermes, les aires de repos et les maisons dans lesquelles s'abritent ces groupes à Tripoli, dans une première étape, avant de l'exécuter sur toute l'étendue du territoire libyen.

Des centaines de milices armées se sont constituées au lendemain de la chute de l'ancien régime, le 20 août 2011, et se sont emparées de quantités importantes d'armes mises en circulation par le régime de Kadhafi; ce dernier avait voulu plonger le pays dans le chaos en mettant les armes à la disposition des écoles, des structures civiles et au niveau des quartiers. Ces milices évoluent à coté d'autres constituées dans les villes de l'ouest de la Libye qui avaient pris des édifices publics, des fermes et des maisons, le plus souvent propriétés des résidus de l'ancien régime, et refusent de les évacuer.

L'état-major de l'ex-gouvernement de transition avait mis sur pied une force mobile qui avait effectivement débuté l'évacuation de nombreux sites, notamment dans la banlieue ouest de Tripoli, mais ce travail a été bloqué par les combats enregistrés en octobre dernier dans la ville de Bani Walid, dernier bastion de l'ancien régime.

Sur le même registre, des organisations de la société civile et des habitants de Tripoli ont exigé ce mercredi, lors d’une manifestation monstre organisée à la place des martyrs, la dissolution des unités armées qui agissent en dehors de l'autorité de l'Etat.

Les manifestants ont demandé aux unités armées d'évacuer immédiatement les édifices publics, les fermes et les maisons qui appartenaient aux dignitaires de l'ancien régime et transformés par les milices en quartiers généraux.

Ils ont aussi demandé aux personnes qui se réclament de ces groupes de se conformer et de se soumettre à l'autorité de l'Etat incarnée dans ce domaine par les ministères de l'Intérieur et de la Défense.

Ils ont exprimé leur soutien total aux nationaux qui refusent l'existence de ces milices et l'exploitation qu'elles font de ces sites qu'elles occupent pour commettre des crimes et de la corruption. Ils reprochent aussi à ces milices d'avoir étouffé la ville en semant la violence et l'anarchie de façon à rendre la vie insupportable pour les habitants.

Un communiqué publié à l'issue de cette manifestation a insisté sur la nécessité de restaurer l'autorité de l'Etat à Tripoli et dans toutes les villes du pays.

Le communiqué a déploré par ailleurs, l'occupation du siège du Congrès national général, la plus haute autorité du pays, et d'autres sites pétroliers stratégiques, affirmant que l'agression contre ces sites constitue un défi à la légalité.

Le texte a également exigé le transfert de tous les détenus dans les prisons dirigées par les milices aux maisons d'arrêt sous tutelle du ministère de la Justice jusqu'à leur jugement en toute légalité.

Selon un membre du comité de coordination des organisations de la société civile à Tripoli, Nouri Ali al-Durki, qui s'exprimait au cours d'un entretien avec l'Agence libyenne d'informations, le 25 mars est le dernier délai d'occupation des sites par les milices hors-la-loi à Tripoli, ajoutant que toutes les organisations de la société civile, en collaboration avec les ministères de l'Intérieur et de Défense, vont prendre possession par la force des lieux après cette date.

Les participants à la manifestation ont estimé que le Premier ministre, le chef d'état-major et les ministres de l'Intérieur et de la Défense sont responsables de la situation parce que incapables d’assurer la protection nécessaire du Congrès national général.

Pana 07/03/2013