AfriqueJet News & Informations

Actualités France | News et informations du jour Afrique

Sam10252014

Last updateSam, 25 Oct 2014 6pm

Articles

Pétrole: Vente illégale du brut libyen

Les autorités libyennes ont mis en place un dispositif pour empêcher la tentative d'exportation illégale de pétrole en cours au port d''al-Sidera' (est) par des groupes armés partisans du fédéralisme, a appris la PANA de source officielle.


Un pétrolier battant pavillon nord-coréen a accosté samedi au port pétrolier 'd'al-Sidera', poussant les autorités à y dépêcher plusieurs frégates de la Marine libyenne.

Le Premier ministre libyen, Ali Zeidan, qui a qualifié l'opération de vente illégale de pétrole libyen de 'violation de la souveraineté du pays et du droit international', a averti que l'Armée n'hésitera pas à employer la force pour s'y opposer.

Pour sa part, selon son porte-parole, Omar Hmeidan, le Congrès national général (CNG, Parlement) va prendre des mesures pour éviter que ne se répète une telle 'violation de la souveraineté de la Libye'.

Cette tentative de vente illégale du pétrole libyen a provoqué une vive émotion en Libye et a été largement dénoncée.

Ainsi, le Mufti et les Oulémas ont exhorté les révolutionnaires libyens à arraisonner le pétrolier et dénoncé dans un communiqué 'une tentative de   spolier le pétrole libyen et de partition du pays', accusant les responsables 'de faire la promotion de l'Etat du chaos'.

Les internautes s'en sont donné à coeur joie sur les réseaux sociaux pour condamner cette opération comme une tentative d'accaparer leur pain quotidien pour des considérations séparatistes.

Pour Salah al-Fitouri, ce n'est ni plus ni moins qu'un 'vol des richesses du pays', 'Brahim Joodhrane  - chef du groupe armé autonomiste qui contrôle le port - est apparu sur son vrai jour, c'est un voleur qui ne pense qu'à se remplir les poches', ajoute-t-il sur sa page facebook.

De nombreux internautes ont exprimé leur déception à l'égard des partisans du système fédéral dans l'Est qui expliquaient leur mouvement par le souci de préserver les richesses du pays.

Pour Abdelkader al-Choul, fonctionnaire, 'le pétrole est une richesse qui appartient à tous les Libyens et personne n'a le droit de s'en accaparer à son profit personnel ou de la dilapider'.

Le tollé soulevé par cette opération de vente illégale du brut ne s'est pas limité uniquement à des réactions sur les réseaux sociaux, mais a touché les militants dans les organisations de la Société civile qui ont commencé à organiser des actions de protestation.

A Ajdabia, à l'ouest de Benghazi, de simples citoyens et des activistes de la Société civile ont organisé dimanche un sit-in pour condamner l'action du Conseil de Berga (Cyrénaïque), organe politique des partisans du fédéralisme non reconnu par l'Etat libyen.

Le président du Conseil local (mairie) d'Ajdabia, Salem al-Sebiha, a, dans une intervention rapportée par le site libyen 'al-Wassat'affirmé que 'ces violations sont graves et conduiront à la partition de la Libye en micro-Etats'.

Il a ajouté que 'personne n'acceptera ce fait' et annoncé un début de sit-in ouvert sur la place al-Tahrir dans la ville jusqu'à l'arrêt de l'exportation illégale du brut.

On rappelle que des gardes pétroliers bloquent depuis juillet dernier les terminaux pétroliers de l'Est pour protester, d'abord contre la vente du brut sans unités de mesure, avant de transformer leur mouvement pour réclamer l'autonomie de la Cyrénaïque (est).

Leur chef, Brahim Jodhrane, avait proclamé la création d'un Bureau politique de la Cyrénaïque, avant de constituer par la suite un Conseil exécutif, sorte de gouvernement local, dans une nouvelle escalade du bras-de-fer avec les autorités du pays.

Le président du Conseil exécutif, équivalent de Premier ministre du gouvernement autoproclamé, Abd Rabou al-Barassi, a justifié l'action de son mouvement par le souci  de 'recouvrer les droits de la Cyrénaïque marginalisée depuis longtemps'.

Il rassurait en même temps les Libyens sur le fait que les revenus tirés des exportations seront répartis en parité entre les trois régions historiques lors du système fédéral appliqué en 1951: la Cyrénaïque (est), la Tripolitaine (ouest) et le Fezzan (sud)

Cette crise a fait chuter la production de pétrole libyen à 250.000 barils par jours contre 1,5 million avant le déclenchement de ce mouvement.

Les pertes occasionnées par la crise de l'industrie pétrolière libyenne sont estimées à 10 milliards de dollars par le ministère du Pétrole.

Le gouvernement libyen a répété à maintes reprises que la fermeture des sites pétroliers affectait le budget de l'Etat et n'écartait pas que le versement des salaires soit compromis si le blocage des ports pétroliers se poursuivait.

En fin décembre dernier, le Premier ministre, Ali Zeidan, avait annoncé une médiation conduite par des parlementaires, des organisations de la Société civile et des dignitaires tribus de la région.

Mais la médiation a échoué et les protestataires ont réitéré dernièrement trois conditions pour lever le blocus: création d'une commission chargée d'enquêter sur les accusations de vente du brut sans unités de mesure et d'une commission composée de personnalités indépendantes des trois régions pour veiller sur la commercialisation du pétrole.

La troisième condition porte sur l'attribution à la Cyrénaïque, dont ils réclament l'autonomie, de sa part des revenus pétroliers.

Les efforts du gouvernement pour résoudre cette crise se sont estompés depuis décembre en raison de la motion de censure dont il fait l'objet au CNG.

Miné par les tiraillements entre les blocs politiques, le Congrès fait face, depuis sa décision de prolonger son mandat dans le cadre d'une Feuille de route pour une nouvelle transition, à une contestation de la majorité des Libyens qui l'accusent d'avoir échouer à assurer la stabilité et la sécurité du pays.

Pana 10/03/2014