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Tunisie: Le voile intégral dans le collimateur des autorités

Voile intégral en Tunisie - Parmi les phénomènes qui suscitent présentement un débat dans les milieux politiques et médiatiques en Tunisie, figure en bonne place, le port du Niqab (voile intégral) qui, pourtant, ne devait, en réalité, pas créer une telle préoccupation en raison notamment du nombre limité de celles qui l'utilisent dans le pays.

Il ne saurait en être autrement, puisque  la société tunisienne a tranché la question liée au port du Niqab depuis des décennies, pour avoir  opté pour la laïcité et la liberté de la femme. Seulement, les menaces terroristes enregistrées dans le pays et la peur qu'elles suscitent dans différents milieux contribuent à alimenter un tel débat.

Depuis ces trois dernières années, le port du Niqab,  considéré comme un phénomène étranger à la culture tunisienne, commence à prendre de l'ampleur, notamment  dans les lieux publics et au niveau des universités, contraignant les autorités chargées de la sécurité à mettre  en garde contre l'exploitation faite par les groupes terroristes du Niqab pour mener leurs activités, à l'instar des menaces terroristes  enregistrées récemment dans le pays.

De sources sécuritaires, on affirme que les terroristes tués prés de Raoued dans la banlieue nord de Tunis et d'autres arrêtés à Aryana ont tous quitté la ville de Kasserine (centre de la Tunisie) pour gagner la capitale, en se dissimulant sous des Niqabs.

Aussi, le ministère tunisien de l'Intérieur a-t-il annoncé récemment dans un communiqué qu'il 'allait renforcer le contrôle des personnes portant le voile intégral, conformément à la loi' de ce pays confrontée à l'essor de groupes jihadistes.

Des sources sécuritaires avaient, dans le passé, indiqué que le chef du groupe Ansar al-Charia, Abou Ayad, dont l'organisation est qualifiée de terroriste, a pu échapper à la traque tunisienne et fuir vers la Libye, en usant du stratagème du voile intégral.

Si une partie de l'opinion publique tunisienne soutient les mesures prises par les  autorités sécuritaires, l'autre, en revanche, estime que le port du voile intégral entre dans le cadre des libertés individuelles, à l'instar du président de la République tunisienne, Moncef Marzouki qui, commentant le 23 février dernier, la décision du ministère de l'Intérieur de renforcer le contrôle des personnes portant le Niqab, affirmait, dans un communiqué, que 'la liberté liée à l'habillement est garantie pour tous les Tunisiens et que l'Etat n'impose ni le port, ni l'interdiction du Niqab'.

En revanche, l'Imam de la mosquée al-Zeitoun, Cheikh Husein al-Abidi, estime que l'usage du Niqab par des groupes armés, pour se dissimiler et effectuer des actes prohibés par la Charia (loi islamique), rend tout à fait normale  l'interdiction du voile intégral, afin de protéger les intérêts des personnes et de l'Etat.

De son côté, le penseur islamique, Mazine al-Cherif,  soutient qu'aucune école dans l'Islam n'a appelé ou exigé le port du Niqab. La preuve,  on peut accomplir le pèlerinage à La Mecque, le lieu le plus sacré pour les musulmans, sans le Niqab. Seuls les Wahabites ont appelé au port du voile intégral ».

La même analyse a été faite par le journal 'al-Maghreb' qui accuse 'les cheikhs prédicateurs et charlatans, armés par l'ancien régime et des associations religieuses douteuses » d'être derrière « ces phénomènes bizarres, comme le port du Niqab ».

Plusieurs organisations de la Société civile soutiennent que le Niqab est une atteinte à la dignité et aux droits de la femme. Selon elles,  'le fait d'imposer des pratiques désuètes et bizarres à la société est une tentative de tuer le projet de la modernité instauré par l'Etat tunisien depuis l'indépendance du pays en 1956', indiquent les défenseurs des droits de l'Homme.

Pana 10/03/2014