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Last updateSam, 25 Oct 2014 8pm

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Réalisation des OMD pour la femme au Cameroun

L'absence de lois spécifiques freine la réalisation des OMD pour la femme au Cameroun - Le Cameroun célèbre ce samedi la 29ème  Journée internationale de la femme, alors que le Code de la famille et d’autres textes susceptibles d’améliorer la condition de la femme attendent toujours leur adoption, a constaté la PANA.

Cette édition de la Journée internationale de la femme intervient à quelques mois de la date butoir de l’évaluation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD),  qui sont un certain nombre d’engagements pris par des Etats sous la bannière de l’Organisation des Nations unies, en vue de réduire de moitié la pauvreté dans le monde entre 2000 et 2015.

La femme est au centre des huit objectifs qui visent l’amélioration du taux de scolarité avec une éducation primaire pour tous, la promotion de l’égalité des sexes et du droit des femmes, la réduction de la mortalité maternelle, la lutte contre le SIDA, le paludisme et d’autres maladies et la lutte pour l’environnement.

Les évaluations faites par les représentations du système des Nations unies au Cameroun, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), entre autres, révèlent qu’en 2015, beaucoup d’objectifs ne seront pas atteints.

D’ailleurs, la dernière enquête nationale de santé relève la hausse du taux de mortalité maternelle de 669 à 782 décès environ pour cent mille accouchements.

Quant aux OMD liés à l’autonomisation financière de la femme afin de promouvoir l’égalité de sexe, ils se heurtent aux pesanteurs d’une société dominée par l’homme, bien que les femmes représentent 51 pc de la population.

Jusqu’ici, au Cameroun, la loi ne reconnaît pas à la femme le droit à la terre, alors que plus de la moitié de la population féminine vit de l’agriculture.

Enseignant de sociologie à l’Université de Yaoundé I, le Pr. Claude Abbé pense que les changements véritables de cette situation ne seront envisagés qu’avec la loi qui, malheureusement, a du mal à être votée, parce que 'les parlements camerounais regorgent d’illettrés et de grabataires'.

Or, estime-t-il, l’approche genre doit être une réalité incontournable dans le monde aujourd’hui pour un développement harmonieux.

Leader syndical, Antoinette Ekoan, pense pour sa part, que les autorités ont réussi à endormir la femme et la population camerounaises avec des aspects purement accessoires de la fête (le pagne, les foires-expositions), sans poser sur la table les vrais problèmes des femmes.

Pour elle, l’édition d’une Journée internationale de la femme devait être l’occasion de faire le point de la réalisation du thème de l’édition précédente pour prendre des résolutions qui vont permettre d’améliorer ce qui n’a pas marché.

Elle regrette que jusqu’ici, l’article 361 du Code pénal sur l’adultère donne encore droit à l’homme, car il ne peut être tenu pour adultère que s’il est pris en flagrant délit, tandis qu’à la moindre suspicion, la femme peut être accusée d'adultère.

D’autre part, souligne-t-elle, l’âge du mariage est de 15 ans pour la jeune fille alors que le garçon attend d'avoir 18 ans.

Il n’épargne pas la décision de procréer dans le couple qui revient souvent à l’homme qui ne se soucie pas de l’état de santé de la femme lorsqu’il revendique des enfants d’elle.

Carole Mbele, sage-femme à Yaoundé, affirme que maintes fois, elle a eu affaire à des femmes obligées de suspendre leur méthode contraceptive qu'elles ont adoptée à l’insu de leur époux, parce que celui-ci les brutalise.

Elle signale que parfois, ces femmes s'exposent aux complications de l'accouchement pouvant même les conduire à la mort.

Pour Claude Abbé, il faut une éducation et une sensibilisation des parlementaires qui doivent voter les lois sur la nécessité de textes qui valorisent et garantissent les droits de la femme.

On rappelle que le projet du Code de la famille, qui attend son adoption, a été proposé en 2001 en amélioration de celui jusqu’ici en vigueur qui, dans certains passages, est une copie du Code français avec des parties faisant allusion aux dispositions applicables sur l'ensemble du territoire français plutôt que du territoire camerounais.

L’adoption imminente du Code de la famille revient dans les discours des ministres en charge des questions de la famille depuis 2001.

L'actuelle ministre de Promotion de la femme et de la famille, Marie-Thérèse Abena-Ondoa, n'a pas encore fait mieux.

Pana 09/03/2014