Tunis, Tunisie - Le leader du mouvement islamiste tunisien 'Ennahdha', au pouvoir, a été la cible dimanche de chahuts de la part de jeunes à Thala (centre-ouest) qui ont lancé des pierres sur son cortège, a-t-on appris auprès d’un responsable de ce parti.
Selon le porte-parole d’Ennahdha, Néjib Gharbi, un groupe de jeunes a tenté d’empêcher Rached Ghannouchi d'assister à la cérémonie de ré-inhumation d’un dirigeant politique assassiné en 1963.
Ahmed Rahmouni avait été exécuté dans des circonstances non encore élucidées à la suite d’une tentative de coup d’Etat contre l’ex-président Habib Bourguiba.
Sa dépouille a été exhumée à la demande de sa famille pour une autopsie devant déterminer les causes du décès.
'Cheikh Rached a pu néanmoins se rendre au cimetière et assister à l’oraison funèbre, mais une voiture d’escorte a été touchée et ses vitres brisées par les jets de pierres', a déclaré le porte-parole à la PANA.
Cet incident intervient dans un contexte tendu marqué une profonde crise politique qui a entravé la formation d’un nouveau gouvernement. La crise a été aggravée par l’assassinat de l’opposant Chokri Belaïd qui a provoqué des émeutes dans plusieurs régions du pays.
Le 17 décembre dernier, date anniversaire de la 'révolution du jasmin', le président Moncef Marzouki et le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaâfar, avaient fait l’objet d’hostilités similaires à Sidi Bouzid, une région du centre-ouest tunisien d’où est partie l’étincelle du soulèvement populaire qui a fait chuter en janvier 2011 le régime totalitaire de l’ancien président Ben Ali.
Pana 04/03/2013