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Last updateDim, 23 Nov 2014 1pm

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Des protestataires font irruption au siège du Congrès et blessent des députés

Des prestataires contre le prolongement du mandat du Congrès général national (CGN, Parlement), ont fait irruption, dimanche dans la soirée, au siège du Congrès, blessant des parlementaires, a indiqué le porte-parole du CGN, Omar Hmeidan.


'Des jeunes protestataires ont envahi le siège du Congrès et ont agressé des membres en blessant plusieurs d'entre eux', a indiqué, M. Hmeidan dans une intervention sur la chaîne privée Al-Nabaa.

'Certains (majorité) membres du Congrès ont réussi à quitter les lieux tandis que d'autres sont restés coincés dans les bâtiments', a expliqué le porte-parole du CGN, ajoutant que ces jeunes avaient bouclé des axes routiers dans le quartier de Bab Ben Ghashir menant au siège du Congrès et brûlé des pneus.

'Les assaillants sont venus réclamer la libération de leurs collègues arrêtés plus tôt', a ajouté M. Hmeidan, niant tout lien du Congrès avec l'arrestation de ces jeunes.

Soulignant que quatre députés ont été blessés, sans pouvoir donner davantage de précisions, une député, Naïma Hammi a affirmé, pour sa part, sur la même chaîne, que des jeunes ont fait irruption dans la salle de réunion munis d'armes blanches en criant aux membres du Congrès de 'démissionner'.

Cette attaque contre le Congrès intervient au moment où les députés avaient débuté en séance plénière consacrée à une question du Président de la Haute Commission électorale (HNEC), Nouri Al-Abbar sur la possibilité de tenir des élections anticipées dans les plus brefs délais.

Le Président de la HNEC, son adjoint, Imad Al-Seyeh et un membre de la HNEC, Khaled Al-Sahli ont présenté leurs démissions au lendemain de la proclamation des résultats provisoires des élections de la Commission constituante.

Justifiant leur démission à l'Agence de presse Jana, Imad Al-Sayeh a dit que 'la raison de notre démission est guidée par la nécessité de donner l'opportunité à d'autres pour parachever cette mission'.

Ces événements interviennent sur fonds de violences suite à l'enlèvement par des inconnus, samedi dans la soirée, devant le siège du Congrès, de plusieurs protestataires opposés à la prolongation du mandat du CGN.

Une tente dressée pour la circonstance qui abritait le sit-in des protestataires, a été la cible d'une attaque armée et a été incendiée par des individus non identifiés.

Condamnant les multiples assassinats survenus ces derniers temps en vue de faire avorter le projet de la nouvelle Libye, le ministère de la Justice a publié, dimanche, un communiqué dans lequel il a exprimé sa consternation quant aux enlèvements de jeunes qui exprimaient leurs opinions.

La ville de Benghazi a, pour sa part, vécu, dimanche, une journée sanglante avec la découverte macabre de cinq corps non identifiés exécutés par balles, a-t-on appris de sources proches de la sécurité locale.

Deux autres personnes (un soldat et un civil) ont été tuées, dimanche, à Benghazi, dans des attaques séparées alors qu'un ancien officier a été grièvement blessé suite à une tentative d'assassinat.

Les nouvelles autorités de transition, rappelle-t-on, peinent à mettre en place une armée et une police capables de maintenir l'ordre et d'asseoir l'autorité de l'Etat face à de puissantes milices aux motivations différentes qui n'hésitent pas à défier le pouvoir en place si leurs intérêts sont menacés.

Les populations qui sont excédées par cette vague de violences, notamment à Benghazi, ont exprimé, vendredi dernier, lors de manifestations organisées dans plusieurs villes du pays, leur ras-le bol face à cette insécurité persistante.

Les habitants de Benghazi ont observé, à cet effet, samedi dernier, des actions de désobéissance civile bloquant ainsi la route reliant l'aéroport à la ville et empêchant les vols à destination de l'intérieur du pays de quitter, a indiqué une source proche la sécurité aéroportuaire de la ville.

Le Congrès général national (CGN), la plus haute instance politique et législative du pays et le gouvernement sont régulièrement mis à l'index par les citoyens pour leur incapacité à faire face au chaos sécuritaire dans le pays.

Pana 03/08/2014