AfriqueJet News & Informations

Actualités France | News et informations du jour Afrique

Sam10252014

Last updateSam, 25 Oct 2014 7am

Back Information News Afrique Ouest Actualités Afrique du Nord L’intérêt pour l’Afrique de plus en plus important en Tunisie

L’intérêt pour l’Afrique de plus en plus important en Tunisie

La Tunisie a toujours accordé un intérêt important au continent européen au détriment de celui de l’Afrique à cause de sa proximité avec les pays de la rive nord de la Méditerranée mais aussi pour ce que cette partie du monde représente pour elle en termes d’avantages (échanges commerciaux et stabilité politique) et d’inconvénients (guerres mondiales).

Les Romains avaient donné à ces grands espaces terrestres qu’est aujourd’hui la Tunisie, le nom d’Ifriqiya avant que ce nom de devienne celui de tout le continent africain. C’est pourquoi, pendant longtemps, les regards du monde se  sont essentiellement tournés vers la partie nord du continent africain pour les intérêts qu’elle représentait avec la partie en face (Europe), entrainant l’occupation de la Tunisie par la France.

Les regards se sont peu tournés vers la profondeur de la Tunisie, c’est-à-dire vers le reste du continent africain malgré le fait que les caravanes facilitaient les contacts avec l’Afrique des profondeurs.

Cette réalité explique quelque peu l’absence quasi-totale des réalités du continent dans la production culturelle tunisienne. En effet, l’appartenance de la Tunisie géographiquement au continent africain ne se constate pas dans la culture tunisienne, encore moins dans ses relations économiques et sociales.

Cette situation est demeurée ainsi jusqu’au milieu des années 50 pour voir le discours de la nouvelle Tunisie indépendante, dirigée par le président Habib Bourguiba s’intéresser à ses profondeurs naturelles dans le continent africain. L’intérêt de la Tunisie pendant cette période a été essentiellement motivé par sa volonté d’aider les luttes pour l’indépendance de l’Afrique, pour son développement et son unité, divisée qu’elle était par les colonialistes.

Ces questions ont été d’ailleurs au centre du discours du président Bourguiba, prononcé le 25 mai 1963 à Addis-Abeba à l’occasion du sommet constitutif de l’Organisation de l’unité africaine, appelant à préparer les esprits à l’unité et affirmant que la Tunisie fait partie, corporellement et spirituellement de l’Afrique.

Il avait auparavant, dans les années 40, soutenu tous les dirigeants africains comme Hailé Sélassié, Jomo Kenyatta pour aider à la libération de leurs pays respectifs de la domination des forces coloniales. Bourguiba avait, à cet égard, organisé, en 1960, une conférence sur la libération du continent à laquelle avaient pris part plusieurs dirigeants historiques dont Nelson Mandela avant de rendre visite, quelques années plus tard, aux pays africains nouvellement indépendants.

Depuis cette période, la Tunisie a accordé un intérêt particulier à ses relations avec l’Afrique dont le nom est collé à l’agence de presse du pays (Tunis Afrique Presse) et donné au premier plus grand hôtel de la capitale, Tunis.

Mais avec l’âge de plus en plus avancé du premier président de la Tunisie et à cause des relations économiques de plus en plus importantes avec l’Europe, l’intérêt jadis accordé à l’Afrique a pris un coup de frein pendant trois décennies, période pendant laquelle les exportations de la Tunisie ont atteint dans le meilleur des cas, 610 millions de dinars tunisiens, soit 2,4 pour cent du total des exportations du pays.

Pourtant, le pays disposait d’importants atouts pour être la locomotive du développement de l’Afrique. Ces atouts concernent notamment le dynamisme de ses structures et sa position stratégique qui fait de la Tunisie la porte de l’Afrique vers l’Europe. Mais, par négligence officielle et gouvernementale, l’influence de la Tunisie en Afrique a perdu de son importance.

Dernièrement, du fait de la crise économique en Occident, marquée par la chute des investissements extérieurs en Tunisie et des changements opérés dans le pays depuis 2011, la Tunisie accorde de plus en plus son intérêt au continent noir avec lequel elle envisage de nouer des relations économiques et culturelles plus importantes pour valoriser ses échanges avec les pays africains dans les domaines comme le commerce.

Le débat, ces derniers temps, est axé en Tunisie sur la nécessité de conquérir les marchés africains et de signer des accords de coopération et d’échanges avec les pays du continent à telle enseigne que la présidente de l’Union de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, Mme Widad Bouchamazi mène actuellement une campagne de sensibilisation affirmant que l’avenir économique de son pays se trouve en Afrique.

Elle a, à cet égard, programmé pour cette année, plusieurs visites d’hommes d’affaires tunisiens dans de nombreux pays africains afin d’orienter les investissements tunisiens vers l’Afrique.

Les premiers pays ciblés sont le Cameroun, le Mali, le Sénégal, la Mauritanie, la Cote d’Ivoire, le Gabon et le Ghana.

C’est dans ce cadre que le chargé des relations extérieures de l’Union de l’industrie, du commerce et de l’artisanat, Mohrez Ben Rahouma, affirme que le continent africain est devenu un poids lourd dans la mesure où tous les indicateurs font apparaitre que  la croissance des pays en Afrique est supérieure à 5 pour cent.

Ces pays au sud du Sahara, a-t-il ajouté, disposent d’importantes ressources naturelles et des opportunités d’investissements dans le secteur des infrastructures, etc.

Il a aussi révélé l’organisation de missions diverses comprenant des banquiers, des industriels et des responsables des transports aériens pour visiter plusieurs pays africains. Un colloque Tunisie-Afrique sur le renforcement des échanges sera organisé avant la fin de cette année.

De son côté, l’expert du Centre pour la promotion des exportations, Riad Attia, a affirmé que l’avenir de la Tunisie est en Afrique qui compte environ un milliard de consommateurs et où on enregistre la plus importante croissance économique du monde.

Concrétisant cette conviction, la ministre tunisienne du Commerce et de l’Industrie, Mme Najla Harouche, à la tête d’une importante délégation d’hommes d’affaires, s’est rendue récemment au Cameroun dans le cadre d’une série de visites à plusieurs pays africains.

Les pays du continent africain, notamment le Cameroun, le Sénégal et la Cote d’Ivoire, constituent une opportunité considérable pour les sociétés exportatrices de la Tunisie, a-t-elle affirmé, soulignant que son ministère se propose de donner un nouvel élan aux relations entre la Tunisie et ces pays, en 2014.

L’Afrique, selon elle, sera la destination première pour les entreprises tunisiennes industrielles et celles qui évoluent dans le domaine des services car l’Europe qui était, dans le passé, leur principale cible, est devenue inaccessible pour elles.

Pana 03/08/2014