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Les acteurs de la société appelés au dialogue au Bénin

Le chef de l’Etat béninois, Boni Yayi, appelle les différents acteurs de la société à un dialogue stratégique afin de venir à bout de la tension socio-politique à laquelle fait face son pays, dans un message à la nation, samedi,  à l’occasion du 24ème anniversaire de la Conférence nationale des forces vives qui, en 1990, avait jeté les bases de la démocratie au Bénin.

S'appuyant sur le fait qu'une nation, 'qui ne parle pas avec elle-même court à sa ruine', le chef de l'Etat béninois estime que 'nous devons donc collectivement réaffirmer notre attachement à notre patrie commune et notre volonté inébranlable de la construire dans la paix,  l’amour et la sécurité'.

'J’en appelle donc au dialogue politique qui, à mon avis, doit être au cœur d’un ensemble de pactes stratégiques faits de partenariats noués dans un esprit patriotique et de responsabilité », a-t-il déclaré, indiquant que le pays ne peut être construit que par ses filles et ses fils, l’extérieur ne pouvant apporter qu’un appoint.

Le président béninois invite ses compatriotes à  « dépassionner »  et « dépersonnaliser »  les débats sur les problèmes de la nation, à en discuter sans préjugés ni arrière-pensée, afin que le dialogue  tant souhaité se noue au sein de la classe politique, en se démarquant des calculs d’intérêts personnels et surtout du refus de l’acceptation de l’autre.

Il réaffirme sa détermination à continuer d’œuvrer pour la promotion d’un dialogue stratégique entre son gouvernement, la Société civile et le secteur privé, sur la base d’un pacte de citoyenneté et de responsabilité, en vue de préserver les intérêts réciproques, notamment la promotion de l’emploi des jeunes et des femmes et la création de richesses.

S’adressant aux acteurs du secteur privé et aux syndicalistes, il les exhorte à un dialogue fécond visant à établir un équilibre des intérêts de tous, en vue de sauvegarder la compétitivité des entreprises, sans perdre de vue la nécessité d’une juste rétribution du travail réellement accompli.

Pour Boni Yayi, la prise en compte des intérêts des travailleurs dans ce dialogue constructif doit s’accompagner d’une gouvernance syndicale responsable, débarrassée de tout opportunisme, une gouvernance qui 'devra concourir à promouvoir le développement du pays dont l’image doit être  en toute circonstance et en tout lieu, la préoccupation de tous'.

Aux confessions religieuses, il recommande une contribution à 'la refonte de la culture et des mentalités, pour promouvoir davantage les valeurs éthiques, morales et spirituelles, sans lesquelles le rêve commun d’émergence du Bénin serait vain'.

Depuis quelques mois, le Bénin vit une tension socio-politique née de la crise de confiance entre les différents acteurs de la société et exacerbée  depuis le 7 janvier par la grève de 72 h par semaine déclenchée par les syndicalistes, tandis que la classe politique excelle en joutes oratoires par  médias interposés.

Les cinq séances de négociation entre les syndicats et le gouvernement n’ont pas réussi à calmer les mouvements d'humeur, malgré la décision prise vendredi soir par le président de la République de rétrocéder aux grévistes les ponctions opérées sur leurs salaires. 

Les syndicalistes persistent à réclamer comme préalable, le limogeage du commissaire de la ville de Cotonou, Pierre Agossadou et du préfet de l’Atlantique littoral, Placide Azandé, qu’ils accusent d’avoir ordonné le 27 décembre, la répression sanglante de leur marche pacifique pour protester contre la liquidation des libertés fondamentales.

En outre, la cohabitation pacifique entre les différentes religions du pays a été fortement remise en cause, depuis que le père Mathias Vigan, un prêtre excommunié de l’Eglise catholique originelle et la jeune Vicencia Chrankouin, que ses adeptes appellent « la Parfaite », « Dieu l’Esprit saint » ou « Daagbo »(Père suprême, en langue locale Fon) ont décidé de créer une Eglise catholique dissidente.

Née à Banamè, une localité du centre du Bénin et dénommée « Eglise catholique rénovée », cette Eglise dissidente, qui arbore  tous les symboles et attributs de l’Eglise catholique originelle, déclenche, à chacune de ses sorties publiques, des affrontements entre ses fidèles et les autres confessions religieuses, malgré la décision du Conseil des ministres demandant à l'Eglise catholique rénovée de créer sa propre identité, en vue de favoriser la cohabitation pacifique.

Pana 03/08/2014