Ven11282014

Last updateVen, 28 Nov 2014 10am

Back Information News Afrique Ouest Disparitions de bébés morts-nés au Ghana

Disparitions de bébés morts-nés au Ghana

Le 2ème plus grand hôpital du Ghana défraie la chronique des disparitions de bébés morts-nés - Le Centre hospitalier universitaire de Komfo Anokye (KATH), situé dans la deuxième ville du Ghana, Kumasi, fait la une des journaux depuis environ trois semaines, après que la famille d'une femme de 42 ans, qui aurait donné naissance à un enfant mort-né, avait du mal à récupérer le corps pour l'enterrer selon les rites musulmans, l’hôpital étant dans l’incapacité d’accéder à la demande de la famille.

Une foule en colère a alors pris d'assaut la maternité, molesté le personnel et détruit des documents et des meubles. Les médecins et les infirmières de l'hôpital sont alors allés en grève pour une semaine pour protester contre cette agression et ils ont demandé que soient sécurisés l'hôpital et leurs maisons.

Une enquête menée par le ministère de la Santé révèle que sur 16 nouveaux-nés ce 05 février, 5 ont été déclarés morts-nés, mettant en rogne la ministre de la Santé, Mme Sherry alors que  'nous faisons tout pour réduire la mortalité néo-natale ainsi que la mortalité et la morbidité maternelle et infantile, c'est la raison pour laquelle nous prenons cette affaire très au sérieux', a insisté Mme Ayittey.

Par ailleurs, la commission d’enquête s'est rendue compte que les descriptions d'emploi n'étaient pas faites correctement et le nouveau personnel n'est pas supervisé pour garantir le respect des normes de procédure.

La ministre révèle également  qu'un balayeur de l'hôpital avait été licencié, pour avoir enlevé une boîte contenant des corps de bébés morts-nés et l'avoir brûlé.

Les autorités tentent depuis lors de dissiper les craintes quant à un éventuel réseau de vol de bébés dans cet hôpital, mais son directeur, le Professeur Ohene Adjei, est monté au créneau pour défendre son établissement.

Aussi, le Conseil d'administration et la direction du Centre hospitalier Komfo-Anokye ont été sommés par la ministre de « présenter les corps des cinq bébés morts-nés,  dans un délai de 14 jours, pour permettre aux familles de les inhumer'.

Une mise à pied a été administrée par le ministère à un médecin et une sage-femme de l’hôpital, qui étaient de garde au moment où le corps du nourrisson mort-né a disparu ce 05 février dans des circonstances mystérieuses.

La ministre de la Santé, Mme Sherry Ayittey, a également indiqué que les deux praticiens seront traduits devant leurs conseils respectifs d'éthique et de discipline,aux fins d'une enquête et en vue de sanctions à prendre à leur encontre.

Quant à la Police, elle a inculpé, au début de l’enquête sur la disparition du bébé 'mort-né, sept personnes dont des infirmières, pour enlèvement et projet d'enlèvement, avant d'être libérées sous caution, tandis que certains des agresseurs de la maternité ont aussi été arrêtés, mais l'enquête se poursuit.

Réagissant à ces mesures, les médecins de ce deuxième plus grand Centre hospitalier universitaire du Ghana ont menacé de ne s'occuper que de trois patients par jour et par médecin.

Ce qui fait écrire le quotidien pro-gouvernemental, 'Graphic', dans sa parution de samedi que « les médecins du Centre hospitalier universitaire de Komfo Anokye (KATH) de Kumasi révisent leur manière de travailler pour l’adapter aux normes internationales, dans le but d’éviter d'être surchargés de travail et de s'exposer ainsi à commettre des erreurs et à s'attirer la foudre du public ».

En effet, ces médecins en colère ont déclaré qu’ils travaillent sous pression,  en raison du trop grand nombre de patients qu'ils consultent par jour et que ceci affecte la qualité des soins qu'ils prodiguent.

Il faut préciser que le Centre hospitalier universitaire de Komfo Anokye, doté de 1.000 lits, compte environ 200 médecins pour une fréquentation quotidienne de 1.900 patients et est également agréé pour la formation d'internes diplômés du West African College of Surgeons en chirurgie, obstétrique, gynécologie, ophtalmologie et radiologie.

Pana 03/08/2014