Une manifestation de certains partis de l'opposition guinéenne, qui se voulait pacifique, a fait quelque 130 blessés parmi les manifestants et les forces de l'ordre, mercredi à Conakry, la capitale du pays, a indiqué à la Radio-Télévision nationale (RTG) le ministre de la Sécurité, le Dr Maramany Cissé.
68 agents des forces de l'ordre, dont deux seraient dans le coma, et 68 civils, pour la plupart des manifestants, ont été touchés par les jets de projectiles, selon le ministre.
'La responsabilité des incidents incombe aux organisateurs de la marche qui n’ont pas respecté l’itinéraire choisi, alors qu’au cours d’une réunion que j’avais eue avec eux, ils avaient promis et donné des garanties pour le respect des consignes (…) Les engagements non tenus ont donné le même effet que lors de la marche qu’ils avaient organisée le 16 février dernier', a accusé le Dr Cissé.
Il a tenu à saluer 'le professionnalisme et le civisme' des forces de l’ordre qui, selon lui, en dépit des provocations, ont pu canaliser les manifestants qui ont détruit des biens publics et privés, incendié et caillassé huit véhicules de la Police et des voitures de particuliers qui n’avaient rien à voir avec la manifestation.
Des officiers de la Police et de la Gendarmerie ont déclaré que ce sont les manifestants qui ont pris à partie des convois chargés du maintien de l’ordre en jetant des pierres, provoquant de nombreux blessés dans leurs rangs qui ont été acheminés dans les structures sanitaires des armées et des hôpitaux publics où certains agents souffriraient de contusion et de traumatismes crâniens.
Pour sa part, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition, un des organisateurs de la marche, a assuré que ce sont 'les loubards' du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, au pouvoir) qui ont attaqué leurs militants près du siège du parti présidentiel, à Hamdallaye, avant que les forces de l’ordre ne leur viennent en appui.
Le ministre, porte-parole du gouvernement, Damantag Albert Camara, a lui aussi accusé les leaders des partis membres du collectif pour la finalisation de la transition, de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) et du Club des républicains (CDR) qui avaient appelé à 'une marche pacifique' pour dénoncer 'la préparation de la fraude à grande échelle' dans la perspective des élections législatives, prévues le 12 mai prochain.
M. Camara a appelé à la modération, à la retenue, annonçant que 'justice sera rendue', que de tels événements ne se reproduiront plus, avant de promettre que les auteurs des violences seront traduits devant les juridictions compétentes.
Le gouvernement, qui avait interdit les manifestations et autres regroupements à cause des nombreux incidents et destruction de biens publics et privés, s’était ravisé récemment en les autorisant, arguant que la Constitution les prévoit, mais à la seule condition du respect des lois et règlements de la République.
Pana 01/03/2013