L'appel de l'opposition à 'une journée ville morte' peu suivi à Conakry - L'appel de certains partis de l'opposition guinéenne à une 'journée ville morte', ce jeudi, est peu suivi à Conakry, la capitale, où plusieurs personnes ont regagné leurs lieux de travail, notamment dans la commune de Kaloum, siège de l’administration, des banques et où la circulation est très dense, a constaté la PANA.
L’appel du collectif pour la finalisation de la transition, de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) et du Club des républicains (CDR) survient après la marche de mercredi, qui se voulait pacifique, mais qui a fait une centaine de blessés, notamment des agents des forces de l’ordre et des civils, ainsi que des destructions massives de biens publics et privés.
Selon des témoins, joints dans des quartiers de la banlieue-nord de Conakry, fief de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, chef de l’opposition, la consigne est largement respectée, les magasins et autres commerces sont fermés, les taxis et autres moyens de transports sont quasi-inexistants en ces endroits, considérés par le pouvoir comme 'un nid de frondeurs'.
En dépit de l’appel, lancé, mercredi soir, quelques instants après la marche dite pacifique, par le gouverneur de Conakry, Sékou Camara, invitant les commerçants de Madina, le plus grand marché du pays, à ouvrir leurs magasins qui seront surveillés par les forces de l’ordre, les portes sont restées hermétiquement fermées.
Les commerçants de Madina, centre névralgique des affaires de la capitale, ont constamment été pillés par des manifestants à chacune des marches et autres regroupements initiés par des partis d’opposition.
Dépité, un observateur assure que même si on décrétait les 365 jours de l’année 'ville morte', il y aura toujours 'des partisans du moindre effort' qui vont suivre la consigne à la lettre, alors que, dit-il, 'ici, nous aimons l’argent sans travailler'.
Un éboueur, contacté à Kaloum où il s’affairait à charger le camion de transport des ordures ménagères, explique qu'il travaille parce qu’il aime son travail et est fier de le faire.
Il assure vouloir gagner honnêtement sa vie, estimant que 'ceux qui veulent rester chez eux, peuvent le faire parce qu’ils doivent avoir d’autres sources de revenus qui ne me paraissent pas fiables'.
La marche de mercredi, qui se voulait pourtant pacifique, a fait quelque 130 blessés, parmi lesquels 68 agents des forces de l'ordre, dont deux seraient dans le coma et 62 civils, selon un bilan provisoire fourni par le gouvernement.
Le ministre, porte-parole du gouvernement, Damantag Albert Camara, a accusé les organisateurs de la marche qui entendaient dénoncer 'la préparation de la fraude à grande échelle' dans la perspective des élections législatives, prévues le 12 mai prochain.
Il a appelé à la modération et à la retenue, annonçant que 'justice sera rendue' et que de tels événements ne se reproduiront plus, avant de promettre que les auteurs des violences seront traduits devant les juridictions compétentes.
Pana 01/03/2013