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Environnement économique de l'entreprise en Algérie

Economie - Le Forum des chefs d'entreprises (FCE) a rendu public, hier, son indice relatif à l'amélioration de l'environnement de l'entreprise. L'amélioration de l'environnement économique de l'entreprise algérienne a toujours figuré comme une des préoccupations essentielles du FCE.


Le Forum a lancé, depuis janvier 2011, l'Ifpe 40, (ou Indice du FCE pour la performance de l'entreprise algérienne). Cet indice, conçu autour d'une quarantaine d'indicateurs représentant, chacun, un obstacle ou une contrainte vécue au quotidien par les entrepreneurs nationaux, est un instrument permettant de mesurer, au fur et à mesure, les progrès effectifs ou attendus sur le terrain du climat des affaires, explique le FCE. L'Ifpe 40 a été lancé officiellement le 24 janvier 2011. Il a fait l'objet d'une première évaluation en date du 14 septembre 2011.

Le Forum met en relief ce qui fonctionne relativement bien, et ce qui bloque. L'organisation patronale, que préside Réda Hamiani, souligne que, par exemple, le délai actuel de transit des marchandises dans les zones portuaires ou aéroportuaires se situe dans une moyenne de vingt-cinq à trente jours. Au-delà du coût (surcoût) de stockage et d'immobilisation que cette situation impose aux producteurs (un coût qui ne peut pas être répercuté sur les clients ou les consommateurs), elle a pour effet, très souvent, de perturber la programmation des activités dans les ateliers de fabrication.

Bien entendu, un producteur doit pouvoir anticiper de manière précise ses besoins détaillés en matières premières, pièces de rechange et intrants divers ; néanmoins, toute programmation est soumise à des aléas imprévisibles qui, faute d'une matière quelconque ou d'une pièce de rechange, bloquent immédiatement l'ensemble d'un processus de production. Aussi, il parait «nécessaire» et «utile» que des procédures plus souples soient mises en place pour raccourcir, au bénéfice des producteurs, le délai de transit en douane de leurs marchandises, recommande-t-elle.

L'exigence d'un contrôle de conformité ne pose pas, en soi, de difficulté particulière ; il est vérifiable pour les produits de fabrication nationale, il est donc tout à fait normal que le contrôle s'exerce aux frontières pour les produits importés pour s'assurer de leur bonne qualité au moment de leur entrée sur le territoire national, ajoute le FCE. La difficulté vient de ce que les banques domiciliataires des opérations d'importation exigent, sur instruction de la Banque d'Algérie, que ce contrôle soit certifié par un document autre que celui du fournisseur.

D'ordinaire, le choix de l'organisme certificateur est laissé à la discrétion de l'acheteur lequel, dans la plupart des cas, connaît suffisamment son fournisseur et se fie donc au certificat qu'il lui délivre. Le passage par un organisme certificateur spécialisé (généralement des sociétés internationales d'agréage, d'inspection et de certification spécialisées) est généralement décidé par l'importateur dans le cas d'achats de biens ou d'équipements sophistiqués ou fortement coûteux.

C'est la systématisation du recours à des organismes certificateurs spécialisés qui constitue, aux yeux des entreprises, une procédure supplémentaire souvent inappropriée, sans grand intérêt technique ou commercial et, trop souvent, inutilement coûteuse, relève cette organisation.

Le FCE évoque également le décret intervenu en mars 2010, instituant des procédures nouvelles, plus restrictives, régissant l'accès à la franchise de droits de douane sur des produits importés en provenance de pays ou de zones économiques liés à l'Algérie par des accords de libre échange.

Le FCE explique : «Alors que le bénéfice de cette franchise de droits était automatique pour ses bénéficiaires, ce nouveau décret le soumet au préalable à une licence dite "statistique" qui devra être délivrée par les services du ministère du Commerce.»

Cette «restriction affecte», selon l'organisation, plus particulièrement les entreprises de production qui bénéficiaient jusque-là de l'avantage tarifaire sur les achats effectués à partir des marchés de l'Union européenne, conformément aux dispositions de l'Accord d'association qui lie cette dernière à notre pays. En effet, à ce stade du démantèlement tarifaire, ce sont surtout les intrants, matières premières et équipements qui sont concernés. Il faut souligner également que le dossier à fournir (pas moins de 7 pièces) pour pouvoir bénéficier de cette franchise est d'autant plus «lourd» et «complexe» qu'il devra être présenté à chaque opération d'importation, relève encore le FCE.

Par Youcef Salami

La Tribune/27/02/2013