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Belgique: Demandes d'asile injustifiées

Plus de 500 sénégalais risquent le rapatriement - Plus de 500 Sénégalais demandeurs d'asile en Belgique pour obtenir le statut de réfugiés risquent d'être rapatriés dans leur pays à la fin des procédures, la Belgique ayant prise des mesures strictes allant dans ce sens. lls étaient 534 nationaux à demander l'asile dans ce pays européen dont 52, rien que pour le mois de janvier 2013.


Avec 52 demandes d'asile enregistrées en janvier 2013, le Sénégal pointe à la 8ième place dans le top 20 des pays dont les ressortissants ont introduit des demandes d'asile en Belgique ce mois-là.

Il vient respectivement derrière la Guinée, l'Afghanistan, la Russie, la RD Congo, la Syrie, le Kossovo et l'Iraq, des pays où les restrictions et atteintes aux droits de l'homme, l'absence de démocratie sont réelles... Déjà, en 2012, le Sénégal figurait au 12ième rang du top 20 avec 534 demandes. Et, selon Freddy Roosemont, le Directeur général de l'Office des étrangers en Belgique, au rythme où évoluent la situation, le Sénégal risque d'être inscrit sur la liste rouge des pays demandeurs d'asile. «Actuellement sept pays sont sur la liste rouge. Il n'est pas exclu que le Sénégal figure sur cette liste à la prochaine révision en juin prochain vue la forte demande», a-t-il prévenu.

En mission à Dakar dans le cadre de la Campagne de prévention sur les dangers de l'immigration clandestine et la lutte contre les nombreuses demandes d'asile injustifiées, Freddy Roosemont a donné un point de presse hier, mardi 26 février, à la Résidence de l'Ambassadeur de Belgique au Sénégal. Occasion de partager les inquiétudes des autorités belges face à la «forte augmentation» du nombre de ressortissants sénégalais introduisant une demande d'asile en Belgique dans le but d'y obtenir le statut de réfugiés «pour des raisons économiques».

Pour attester de l'ampleur du phénomène, il a relevé qu'entre «2007 et 2012, le nombre de demandes d'asile sénégalaises en Belgique a été multiplié par 25. Nous avons enregistré pas moins de 534 demandes en 2012 et 52 demandes pour le seul mois de janvier 2013». A l'en croire, ces personnes sont principalement de jeunes hommes invoquant des «persécutions subies» au Sénégal, «souvent liées à des problèmes d'ordre culturel. La grande majorité de ces jeunes viennent de la grande ville de Dakar. Ils arrivent avec des histoires préfabriquées, les mêmes histoires».

A son avis, ce qui est étrange, c'est que le nombre de demandeurs d'asile augmente seulement «chez-nous» (en Belgique) et non dans les autres pays. Ce qui signifie qu'il y a une «propagande, de fausses informations véhiculées par des tiers, des organisations pour inciter à se tourner vers la Belgique». Or, non seulement un demandeur d'asile ne peut pas travailler, «il reçoit de la nourriture et un toit qu'il partage avec plusieurs autres demandeurs», mais aussi «un ressortissant sénégalais a peu de chance de voir sa demande d'asile accordée en Belgique», a souligné Freddy Roosemont.

«Un ressortissant sénégalais a peu de chance de voir sa demande d'asile accordée...»

C'est pourquoi, face à cette situation, la Belgique a pris des «mesures sérieuses», contre tous les contrevenants invités à «se préparer au pire». En plus des critères pour accorder le statut de réfugié rendus plus stricts et les demandes filtrées et examinées très rapidement (dans un délai de 6 mois) «chaque décision négative entrainera systématiquement un enfermement et aboutira au retour (volontaire ou forcé avec l'aide de policiers accompagnateurs après un séjour dans un centre fermé) des migrants clandestins.

Nous avons en effet rencontré les autorités sénégalaises à ce sujet afin d'intensifier la coopération pour permettre le rapatriement de ces personnes», a informé le directeur de l'Office des Etrangers en Belgique, ajoutant que les personnes rapatriées feront l'objet d'une interdiction d'entrée dans toute l'Europe durant une période allant de 3 à 8 ans.

Freddy Roosemont a noté que chaque demande d'asile introduite en Belgique est examinée individuellement et que «l'examen de ces demandes d'asile introduites par les Sénégalais a montré que les dossiers sont le plus souvent constitués de fausses déclarations et de faux documents et servent uniquement à obtenir un titre de séjour permettant notamment l'exercice d'activités économiques».

Donner la bonne information

Donc, pour les Sénégalais, «la vérification est facile car les déclarations sont basées sur des stéréotypes (...) Après examen de la situation, nous pouvons donc conclure qu'il s'agit ici de filières servant à exploiter des jeunes gens (l'âge moyen étant de 30 ans) désireux de quitter le pays pour des raisons économiques et auxquels on fait miroiter la possibilité d'obtenir le statut de réfugié en Belgique». «Ces demandes sont systématiquement rejetées et les demandeurs finissent alors dans la clandestinité, sans bénéficier d'aucune aide financière ni matérielle», a-t-il renseigné.

A sa suite, Johan Verkammen, l'Ambassadeur du Royaume de Belgique au Sénégal, a expliqué que leur «objectif c'est que le Sénégal ne figure pas sur cette liste» (rouge) des pays demandeurs d'asile injustifié.

Et de rappeler que la Belgique est dans le «top 10» des bailleurs du Sénégal. A l'en croire, il existe un programme d'accompagnement pour le retour volontaire de concert avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), mais «malheureusement ce programme n'intéresse pas les Sénégalais car une fois sur place ils sont réticents au retour. Le mieux c'est de donner la bonne information pour ne pas qu'ils se déplacent inutilement», tout en restant prudents avec ce genre d'initiative qui «est une perte d'argent et de temps» pour le migrant, a déploré Johan Verkammen.

Par Ibrahima Diallo

Sud Quotidien/27/02/2013