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La mouvance Zafy veut un référendum

Sortie de crise à Madagascar - Un nouveau pari tenté. La mouvance Zafy se prépare à essayer de marquer sa présence sur l'échiquier politique en contestant la Constitution de la IVe République.


« À la place de l'élection présidentielle du 8 mai, nous suggérons un référendum constitutionnel », a indiqué Tabera Randriamanantsoa, ministre de la Fonction publique, du travail et des lois sociales, dans l'émission « Tafatafa », dans « Antoandro Express », sur la Radio Tanà, hier.

Le membre du gouvernement, qui assure son appartenance à la mouvance Zafy, soutient ce projet « pour pouvoir créer une Nation ». Il a évoqué un projet de Loi fondamentale et une réunion, dans les prochains jours, chez l'ancien Président pour boucler le dossier.

Tabera Randriamanantsoa fustige la Constitution de la IVe République, votée le 17 novembre 2010.

« Celle-ci n'est ni légitime ni reconnue. Comment voulez-vous qu'une Transition ait une Loi fondamentale », s'est-il demandé. Et de soutenir « Nous ne formons pas encore une Nation. D'où la nécessité d'une Constitution pour pouvoir atteindre cet objectif ».

Une réalité

À l'entendre, la mouvance Zafy s'apprête à s'engouffrer dans la brèche de l'ajournement des présidentielles et des législatives. « Nous avons écrit à la Commission électorale nationale indépendante pour la transition (CENIT) et à la Communauté internationale quant à notre intention », confie-t-il.

Le projet de la mouvance Zafy risque de se heurter à l'évidence. L'« actualisation » du calendrier électoral, selon Béatrice Atallah, présidente de la CENIT, avait, entre autres, été dictée par l'impossibilité matérielle de l'organisation de l'élection présidentielle le 8 mai. Cette situation compromet l'initiative des partisans de l'ancien Président, d'autant

plus que l'organe chargé de préparer et d'organiser le scrutin ne prévoit pas la consultation référendaire dans son nouveau calendrier.

Malgré les contestations et les incohérences avérées, la Constitution de la IVe République est une réalité. Un juriste explique le principe incontournable de la Loi fondamentale et les difficultés pour la remplacer. « Mais les prochains dirigeants, élus, auront la possibilité de la retoucher », souligne-t-il.

Par Iloniaina Alain

L'Express de Madagascar/27/02/2013