Munis de pancartes aux slogans hostiles au gouvernement du président Alpha Condé, des milliers de sympathisants et de militants de plusieurs partis d’opposition qui ont appelé, jeudi, à 'une marche pacifique pour des élections paisibles et transparentes', ont enjambé les rues de la haute banlieue de Conakry pour converger vers le Stade du 28 Septembre sous le regard des services de maintien de l’ordre.
'Non à la fraude. Nous voulons des élections transparentes et crédibles', lit-on sur les pancartes des manifestants ayant répondu à l’appel des leaders politiques, réunis au sein du collectif des partis pour la finalisation de la transition, de l’Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP) et du Club des républicains (CDR), qui ont assuré toutefois être disposés à dialoguer avec le gouvernement sur 'un ordre du jour précis' dans la perspective des élections législatives, prévues le 12 mai prochain.
Les manifestants, qui ont emprunté cette fois un nouvel itinéraire, partant des quartiers nord de la capitale, majoritairement acquis à la cause du leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) de Cellou Dalein Diallo, semblaient respecter les consignes données par le gouvernement et la gendarmerie qui ont rappelé sans arrêt 'le respect de la loi'.
S’adressant à la presse, le leader de l’UFDG a lancé un appel à la communauté internationale et aux chefs religieux locaux pour les exhorter à s’impliquer dans le combat que les différents blocs mènent contre le gouvernement et la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en vue de l’organisation 'de bonnes élections'.
Pour sa part, le leader du Parti de l’espoir et du développement national (PEDN), l’ancien Premier ministre, Lansana Kouyaté, a dit qu’ils ne sont pas prêts à 'cautionner des élections bâclées', invitant ainsi le gouvernement à 'un dialogue sincère et constructif' débouchant sur des élections transparentes pour, dit-il, réduire les souffrances des Guinéens.
Le bras de fer opposant ces leaders politiques et le gouvernement tourne autour de certains points, notamment le vote des Guinéens de l’étranger, le renvoi de l’opérateur technique sud-africain, Waymark, exigés par ces opposants qui accusent également le président de la CENI, Bakary Fofana, de ne pas être impartial.
Le président Condé, qui se dit déterminé à dialoguer avec l’opposition, invite à son palais le 4 mars prochain la classe politique en vue de trouver des solutions aux différentes questions qui constituent la pierre d’achoppement.
Les commerces sont fermés, la circulation est fluide sur toutes les grandes artères de la capitale où de nombreux travailleurs sont restés cloitrés chez eux à cause de l’absence des taxis et autres cars et aussi de la peur pour d’autres des violences comme c’est souvent le cas avec de nombreux blessés dans les rangs des militants et des forces de l’ordre.
Pana 27/02/2013