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Sam11012014

Last updateSam, 01 Nov 2014 11am

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Frontière Sénégal-Mali: Des transporteurs maliens bloqués

Crise du carburant Mali-Sénégal ? Macky Sall provoque de nouveau IBK - Depuis bientôt trois semaines, les transporteurs maliens sont bloqués à la frontière du Sénégal, à Kidira.

Ce sont des centaines de camions, cars, citernes et tracteurs maliens qui sont immobilisés en territoire sénégalais, parce que, tout simplement, Macky Sall est en train de chercher IBK, de le provoquer, en tentant d’asphyxier l’économie malienne par des méthodes peu fraternelles.

En effet, le gouvernement sénégalais a pris une décision de représailles à l’endroit des transporteurs maliens, pour les obliger à se ravitailler en carburant à partir du Sénégal, parce qu’ils font le plein au Mali pour l’aller aussi bien que pour le retour, avec le système de double réservoir.

Le carburant, pour ceux qui ne le savent pas, est moins cher au Mali qu’au Sénégal, même si c’est à partir de ce pays et de la Côte d’Ivoire que nous vient ce produit hautement stratégique. En effet, le gouvernement du Mali, dans sa politique d’assouplissement et de soutien aux populations, renonce à certaines taxes pour diminuer à la fois le prix des transports et, par ricochet, celui des marchandises dont les produits de première nécessité.

Même les transporteurs sénégalais s’approvisionnent en carburant à Bamako. Ils profitent donc des efforts du gouvernement du Mali. Aucun reproche ne leur a été fait parce que le Mali, comme toujours, respecte les règles de libre circulation des biens et des personnes et le droit pour  chaque citoyen de l’UEMOA d’acheter et de vendre au sein de la communauté économique.

En mal de popularité, très bas dans les sondages, ne sachant pas comment se débarrasser de son prisonnier encombrant Karim Wade, le Président sénégalais, Macky Sall, tente de détourner l’attention de son peuple, en créant un faux problème avec son voisin et frère du Mali.

Si c’est le Mali qui avait pris une telle mesure à l’endroit des transporteurs sénégalais, on aurait pu le comprendre, parce qu’il renonce à des taxes pour alléger la souffrance de ses populations. Mais, respectueux des règles du marché, une telle décision n’a jamais tenté les dirigeants maliens.

Alors, si Macky Sall souhaite que nos transporteurs se ravitaillent à partir du Sénégal, qu’il ramène le prix de l’essence au même niveau, sinon moins cher, qu’au Mali.

En réalité, comme vous le constatez, c’est un faux problème, qui jure avec le discours d’intégration, de marché commun et toute l’hypocrisie des responsables africains, qui jouent à géométrie variable au nationalisme, au protectionnisme, au libéralisme, à la mondialisation et à je ne sais quoi encore?

Le fond du problème nous parait être politique. Combien de fois la presse sénégalaise a-t-elle annoncé une brouille entre IBK et Macky Sall? Ce dernier ayant soutenu ouvertement le candidat malheureux à la présidentielle de 2013, Soumaïla Cissé. Le Président sénégalais fait partie du cercle restreint des Chefs d’Etat ouest africains qui ont fermé leur porte à IBK durant la campagne électorale. Mais, avec l’aide de Dieu et des Maliens, il a été élu de la plus belle manière.

Le problème est politique, parce que même invité à la cérémonie de prise de fonction d’IBK, Macky Sall n’a pas apprécié le discours de celui-ci, dans lequel il a rendu hommage des personnalités comme François Hollande, le Roi Mohamed VI, Alassane Dramane Ouattara, Mahamadou Issouffi et Idriss Déby du Tchad, pour leur importante contribution à la libération du Nord du Mali. La presse dakaroise s’en est fait l’écho, disant «IBK a zappé Macky Sall et le Sénégal, qui a pourtant envoyé 500 hommes sur le terrain».

Macky Sall, qui a la réputation d’avoir la rancune tenace, attendait une opportunité pour écorcher IBK. Et TV5 Monde lui a offert cette occasion, dans son émission « Et si vous me disiez toute la vérité», animée par notre brillante consœur Denise Epoté. Interrogé sur les poursuites que Bamako compte lancer contre ATT pour haute trahison, Macky Sall s’est permis de donner des leçons au nouveau pouvoir, avant de l’inviter «à tout faire pour éviter une nouvelle crise dans cette affaire. Tout problème qui se passe au Mali préoccupe le Sénéga ».

Depuis quand demander à un citoyen de venir répondre à la justice de son pays constitue un problème? Que Macky Sall s’occupe de ses ognons et cesse de s’ingérer dans les affaires intérieures d’un pays tiers. Cette  question ne concerne ni l’UEMOA, ni la CEDEAO, encore moins l’UA ou l’ONU. De grâce, qu’il respecte le Mali et ses dirigeants et arrête de pénaliser le peuple du Mali pour des questions d’humeur, parce que, si cet embargo dure encore, le risque de pénurie de certains produits de première nécessité va se poser.

Déjà, certains transporteurs notamment les pétroliers, ont  vite fait de se repositionner prioritairement sur l’axe Bamako – Abidjan.  Entre temps, ce sont les voyageurs, les petits commerçants et les transporteurs qui payent le plus lourd tribut. Que Macky Sall se rassure: les hommes passent, les peuples restent. Et toujours ensemble. Aucun politique ne pourra séparer les Maliens et les Sénégalais, unis par l’histoire, la géographie et, surtout, le sang.

Chahana Takiou

22 Septembre  du du 24 Février 2014