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Gabon: Jean Ping démissionne du PDG

Jean Ping n'aurait 'plus rien à voir, absolument plus rien à voir avec les autorités' de son pays - L’ancien président de  la  Commission de l’Union africaine (CUA)  Jean Ping, a démissionné jeudi du Parti  démocratique  gabonais (PDG-au  pouvoir) après  y avoir adhéré  et servi pendant plusieurs  années, a-t-on appris vendredi à Libreville de  source officielle.

Dans la lettre de démission adressée par Jean Ping au Secrétaire général du PDG, Faustin Boukoubi et dont la PANA a reçu copie, Jean Ping affirme avoir décidé, 'après une longue et mûre réflexion sur la situation réelle de notre pays, qui ne pouvait me laisser indifférent', de  'rompre le silence' observé 'depuis mon départ de la présidence de la Commission de l'Union africaine', s'étant 'volontairement abstenu de toute intervention dans le débat politique national'.

« C'est ainsi que le 1er février 2014, à la faveur d'un séminaire-atelier organisé par des compatriotes de l'opposition et de la Société civile, regroupés au sein du Mouvement des Souverainistes, j'ai déclaré ceci: il est clair que je n'ai plus rien à voir, absolument plus rien à voir avec les autorités en place' , écrit M. Jean Ping.

« C'est volontairement que je me suis gardé d'évoquer le Parti démocratique gabonais, par respect pour ses nombreux militants qui sont des patriotes et qui partagent les inquiétudes que j'ai exprimées ce jour-là. (...) », poursuit-il.

L'ancien patron de la Commission de l'Union africaine affirme par ailleurs que depuis sa déclaration du 1er février 2014, pourtant qualifiée d'épiphénomène par la présidence de la République, les médias du service public, des membres du PDG, ainsi que du gouvernement répandent de nombreuses contre-vérités, excellent dans la diffamation, l'insulte et la menace et, pour finir, prétendent que son retour au PDG ne saurait tarder.

« Aussi, pour lever tout équivoque, s'il en est besoin, je réitère que je n'ai plus rien à voir, absolument plus rien à voir avec les autorités en place. Je précise en conséquence que je démissionne du Parti démocratique gabonais. Ma décision est ferme et irréversible. (...)', a martelé M. Jean Ping, récemment porté  par l’opposition gabonaise pour être son candidat à l’élection présidentielle de 2016.

Titulaire d’un doctorat d’Etat en Sciences économiques à lUuniversité Paris 1 Panthéon-Sorbonne, M. Ping a débuté une carrière de diplomate en 1972, comme fonctionnaire international à l’Unesco à Paris, puis de 1978 à 1984, comme Délégué permanent du Gabon avant de s'engager dans la politique de son pays.

En 26 février 1990, il est nommé ministre de l’Information, des Postes et des Télécommunications, du Tourisme et des Loisirs, de la Réforme du secteur parapublic, chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement.

Il n’occupe que brièvement cet office avant de passer, le 29 avril 1990, à la tête du ministère des Mines, de l’Energie et des Ressources hydrauliques, poste qu’il occupera jusqu’en juin 1991, puis à nouveau pendant dix-neuf mois, du 28 août 1992 au 24 mars 1994, tout en présidant parallèlement, en 1993,  l’Organisation des  Pays  Exportateurs du Pétrole (OPEP), dont son pays était membre.

Le 25 mars 1994, il devient ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, avant d'hériter, le 30 octobre de la même année, du portefeuille du ministre délégué auprès du ministre des Finances, de l’Economie, du Budget et de la Privatisation.

Pendant deux ans, du 27 janvier 1997 au 25 janvier 1999, il occupera le poste de ministre de la Planification, de l’Environnement et du Tourisme du Gabon, avant de retourner au ministère des  Affaires étrangères et de la Coopération, en qualité de ministre d’Etat également chargé du portefeuille de la Francophonie.

C’est au cours de ce dernier mandat ministériel de neuf ans qu’il avait présidé, en 2004-2005, l’Assemblée générale des Nations unies dont il fut le 59ème président.

Il restera à la tête de la diplomatie gabonaise jusqu’à son élection le 6 février 2008 à la présidence de la Commission de l’Union africaine.

M. Jean Ping aurait quitté Libreville ce jeudi soir  pour Paris (France), après son coup de gueule contre ses anciens compagnons  du  Parti  démocratique  gabonais.

Pana 22/02/2014