La loi renforçant le pouvoir de l’organe de régulation des médias divise la presse au Togo - La loi renforçant le pouvoir de censure de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) au Togo, organe de régulation des médias, divise la presse togolaise, a constaté la PANA dans les kiosques à Lomé.
Le quotidien gouvernemental Togo Presse titre : 'une nouvelle loi réinstaure la HAAC dans ses prérogatives'.
Pour le quotidien, 'c’est face à la violation de la déontologie dans les médias que la présente loi a été initiée', justifiant la modification de la loi précédente, pour 'permettre à la HAAC, non seulement de garantir la protection et la promotion de la liberté de presse, mais aussi de veiller au respect des règles en matière d’information, de communication et d’accès équitable des partis politiques et associations aux médias publics'.
'Togo réveil' qui tente de justifier le vote de ce texte jugé liberticide par les organisations des médias, écrit à sa une 'Comment la presse togolaise a prêté le flanc au renforcement des pouvoirs de la HAAC'.
Selon l’hebdomadaire, 'après 2007, une forme de journalisme a vu le jour au Togo au point où aujourd’hui, plusieurs acquis dans le cadre de la liberté de la presse se sont transformés en menaces pour la sécurité des personnes et pour la paix sociale'.
'Chronique de la semaine', très proche du pouvoir, jubile et titre : 'quand les nouvelles dispositions font peur aux journaleux', sur un ton de raillerie.
'Renforcer les prérogatives de la HAAC ne serait pas une mauvaise chose en soi. Cela permettrait, comme on le dit souvent, de laver le linge sale en famille, au lieu d’aller exposer nos lacunes à des concitoyens (les juges) qui s’y connaissent le moins', se plait-il d’écrire.
Cependant cette loi permet désormais à l’organe de régulation des médias de procéder à la suspension de parution de journaux et d’émissions radio et de télévision, de prononcer des sanctions infligeant des pénalités financières, le retrait de la carte de presse, la suspension d’autorisation d’émettre ou de saisie d’antenne, sans recours à la justice comme il était stipulé dans le précédent texte, est très vivement critiquée par d’autres journaux.
'Le Canard indépendant', dénonce une 'loi liberticide votée par des députés proches du pouvoir', révélant que 'les organisations de presse comptent saisir le président de la République pour exiger une relecture du texte'.
Le journal dénonce par ailleurs des actions de certaines organisations de médias qui sacrifient les intérêts de la profession pour soutenir les hommes au pouvoir.
Le quotidien privé 'Liberté', très remonté contre cette nouvelle loi, écrit que les prédateurs de la liberté de presse au Togo ont encore frappé.Car, souligne le journal, 'avec l’adoption de cette loi liberticide et anticonstitutionnelle par les députés, c’est la liberté de presse acquise de haute lutte qui va reculer d’un cran'.
Mardi, l’Assemblée nationale composée à très forte majorité de députés proches du pouvoir, a voté la loi modifiant la loi organique relative à la HAAC, renforçant des 'pouvoirs disciplinaires et administratives' de cette institution en charge de la régulation des médias.
Pana 23/02/2013