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Commission de rédaction de la Constitution en Libye

Les Libyens se sont rendus jeudi aux urnes pour élire les membres de l'Autorité constituante, autrement appelée 'Commission des soixante', qui sera chargée de rédiger la Constitution du pays, censée fonder une nouvelle Libye démocratique et moderne, conformément au souhait de tous les Libyens.

A la fin du scrutin, la Haute Commission électorale a exprimé 'son soulagement total par rapport au déroulement des votes', malgré quelques incidents enregistrés à l'est du pays où des bureaux de vote ont été attaqués, dans la nuit de mercredi à jeudi à Derna, fief des organisations islamistes extrémistes, qui ont fait un mort.

Jeudi à la mi-journée, des hommes armés ont obligé des membres des responsables électoraux à fermer des bureaux dans la même ville.

Malgré ces incidents, 95 pc des bureaux de vote ont fonctionné normalement,  a indiqué la Commission, ajoutant que 649 candidats dont 73 femmes ont brigué les 60 sièges de la Commission constituante.

Cet acquis est considéré comme un pas important pour la construction d'une nouvelle Libye après la chute du régime de l'ex-dictateur Mouammar Kadhafi en 2011 qui avait confisqué, 42 ans durant, toutes les libertés, suspendu toutes les lois et institutions de l'Etat, jetant la Libye et les Libyens dans l'inconnu en leur faisant miroiter 'le pouvoir au peuple'.

En effet, Kadhafi et son régime avaient, pendant plus de quatre décennies réduit les Libyens au silence et confisqué tous leurs biens.

'L'application de la démocratie, l'édification des institutions et la rédaction de la Constitution constituent les moyens nécessaires pour réaliser le rêve des Libyens dans la construction d'un Etat moderne basé sur l'unité nationale et territoriale sans exclusion ni marginalisation', a souligné le Professeur d'université à Tripoli, Abou Kassem Masoud, qui a voté au centre 1.420 dans le quartier Farji de la capitale.

Il a exprimé l'espoir que la Commission arrive à rédiger une Constitution acceptée par les Libyens et qui détermine les relations entre le gouvernant et le citoyen, entre les responsabilités, les droits et les devoirs de tout le monde.

'Ce texte fondamental doit aussi permettre de couper la route devant tous ceux qui sont tentés de diriger les Libyens en dehors de la Constitution, après quatre décennies de pouvoir absolu et despotique', a-t-il ajouté.

'Je suis venu pour exprimer un droit que je n'ai pas connu depuis ma naissance qu'à travers les chaînes de télévisions qui rendent compte des élections dans d'autres pays du monde. En effet, j'ai grandi dans un pays où n'existait pas une seule institution démocratique', a, pour sa part, souligné le dentiste Mohamed Ali (34 ans) qui a voté au centre 14.252 à 'Saraj' (banlieue ouest de Tripoli).

L'agriculteur Ibrahim Salah al-Mazoughi (70 ans), votant dans le même centre, a exprimé l'espoir de voir la rédaction d'une Constitution adoptée par les Libyens, mettre fin à la crise politique qui sévit dans le pays.

Dans un commentaire, l'Agence de presse libyenne a affirmé que: 'la sortie, ce jour, des Libyens à l'occasion du deuxième scrutin libre organisé dans le pays depuis la chute du régime de Kadhafi, destitué par une œuvre nationale partie de Benghazi, berceau de la Révolution libyenne contre 'le pouvoir personnalisé et despotique', constitue le pont pour l'avenir et le socle pour instaurer un système politique civil et civilisé en Libye.

'Ce scrutin est plein de messages destinés à toutes les parties à l'intérieur et à l'extérieur du pays qui affirment et réaffirment la fidélité du peuple libyen aux principes pour lesquels la Révolution du 17 février a été déclenchée. Ces principes concernent l'édification de l'Etat libyen doté d'institutions de droit, de justice et d'alternance pacifique du pouvoir, loin des tiraillements partisans, de conflits politiques, régionaux et tribaux', a ajouté l'agence.

'Le boycott des Amazigh et Toubou de ce scrutin a choqué les Libyens, diminuant leur joie, au moment où ils sont en train de faire un pas important dans la construction d'un Etat moderne qui doit prendre sa place de façon brillante dans le concert des nations', souligne encore l'agence, ajoutant:
'on ne peut pas ignorer ou faire semblant d'ignorer l'absence d'une composante principale de la société libyenne.

'Il est urgent de rectifier et de corriger ce manquement qui met tous les responsables et élites politiques et culturels devant leurs responsabilités afin de trouver une solution à cette équation, car la Libye ne sera pas unie sans un consensus entre tous ses fils Arabes, Toubous et Amazighs', plaide l'agence dans son commentaire.

Les résultats du scrutin sont attendus 'dans trois ou quatre jours', a indiqué une source proche de la Commission électorale.

Sur les 60 sièges de la Commission constituante, six sont réservés aux minorités Toubou, Amazigh et Touareg et six autres aux femmes, rappelle-t-on.

Mais les Amazighs, avec deux sièges, ont boycotté le scrutin pour protester contre l'absence de mécanismes garantissant leurs droits culturels dans la prochaine Constitution.

ll est possible qu'un scrutin de rattrapage soit organisé dans leurs régions pour désigner leurs représentants à la Commission constituante.

Le président de la Mission des Nations unies, Tarek Mitri, avait appelé les Libyens 'à contribuer positivement à cette opération démocratique et à créer un environnement favorable' au bon déroulement du scrutin auquel ils doivent accorder une grande importance car étant l'occasion pour leur 'permettre de s'exprimer et de faire entendre leurs voix'.

Pana 22/02/2014