Lancée il y a quelques semaines par le ministre national des Transports et Voies de communication, Justin Kalumba Mwana Ngongo, la campagne de civisme de circulation routière en République démocratique du Congo avait suscité auprès de l'opinion nationale un immense espoir, tant la route continuait à tuer et l'est encore à ce jour, malheureusement.
Les piétons, les cyclomoteurs, les motards, les automobilistes, bref, tous les usagers de la route a, chacun, sa part de responsabilité dans ce drame.
La campagne lancée, les agents de la Commission nationale de prévention routière (CNPR), un des services du ministère des Travaux et Voies de communication, ont été mis à contribution pour sa réussite.
Leur présence était remarquable sur le boulevard du 30 Juin par leur tenue. Vêtus de chasuble de couleur verte frappée derrière du sigle CNPR, ces agents étaient donc facilement identifiables. Seulement voilà.
Deux semaines plus tard, leur présence sur le boulevard du 30 Juin se fait rare. L'enthousiasme du débat s'était-il émoussé, s'interrogeait-on. Mais il y a lieu d'avouer tout de même que le travail n'était pas de tout repos, car les agents de la CNPR - hommes et femmes confondus - ont travaillé de fois sous la canicule.
A l'occasion de la clôture du séminaire de recyclage des usagers de la route du district de la Lukunga, le lundi 18 février 2013, le président de la Commission nationale de prévention routière, Willy Vale Manga, a annoncé l'organisation, du 18 au 24 février 2013, « d'une semaine de conseils aux conducteurs d'automobiles ». Initiative louable lorsque l'on sait que les conducteurs d'automobiles sont responsables de la majorité des accidents de la circulation enregistrés dans la capitale.
Ceux commis au transport en commun dans la ville de Kinshasa et conduisant les bus appelés communément « Esprit de mort » sont les plus visés.
A la base des accidents de la circulation provoqués par les conducteurs d'automobiles figurent la méconnaissance du Code de la route, l'état d'ivresse, le mauvais état technique des véhicules, le manque de permis de conduire, le goût effréné de l'argent, etc. Rarement les conducteurs d'automobiles fautifs n'ont été sanctionnés, même si l'infraction commise est consommée. Certains conducteurs d'automobiles interrogés ont, sous le sceau de l'anonymat, révélé « que tout s'arrange à l'amiable entre les conducteurs et les éléments de la Police de circulation routière si une infraction est commise par un conducteur d'automobile.
De mauvais éléments de la Police de circulation routière (PCR), ils sont nombreux au sein de ce corps de la Police nationale (PNC). A observer ce qui se passe sur les artères de la capitale, on peut les identifier facilement. Vêtus d'une chasuble au-dessus de la chemine de la PNC, ils se livrent à des tracasseries policières. Ils menacent les conducteurs d'automobiles qui manifestent une certaine réticence à leur donner de l'argent, à les conduire au bureau de la CNP, c'est-à-dire auprès de la hiérarchie, où ils pourront débourser plus d'argent qu'ils leur « devaient ».
Dans le cadre de la campagne de civisme de circulation routière, pensons-nous, les éléments de la Police de circulation routière doivent également être recyclés pour qu'au terme de cette campagne, on puisse réellement assister à un changement de mentalité, aussi bien des usagers de la route que des éléments de la PCR.
Par Florent N'lunda N'silu
Le Potentiel/20/02/2013