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Madagascar: Tirs croisés contre l'UA et la SADC

Sortie de crise à Madagascar - Un consensus autour des divergences. Des acteurs politiques fustigent l'attitude de l'Union africaine et de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) dans la gestion de la crise politique. Chacun tente ensuite de profiter de la situation à leur convenance.


« L'attitude de l'UA et de la SADC est déplorable. « Elles auraient dû régler leurs différends d'une manière discrète et non pas les déballer en public. Cela a un impact négatif sur le processus de sortie de crise », a regretté Bruno Betiana, membre du Conseil supérieur de la transition (CST) et du Groupe éclaireur de contact.

La visite-éclair de Bernard Membe, ministre tanzanien des Affaires étrangères à Andry Rajoelina, président de la Transition, mardi n'a pas laissé insensible la classe politique. Le porteur du message personnel du président tanzanien Jakaya Kikwete, président tournant de la Troïka, organe de coopération de la SADC, avait désavoué les résolutions du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine.

Il avait évoqué l'« absence de consultation » menée par le CPS dans sa prise de décision et l'absence de lien entre le retour de l'ancien président Marc Ravalomanana, en exil en Afrique du Sud, et la levée des sanctions décidée par l'Union africaine, contrairement à la décision du CPS.

Lutte d'influence

Mahaleo Tsiebo, membre du Congrès, a partagé une partie de l'analyse de Bruno Betiana. « L'époque des jeux de dupes est révolue (...) le peuple malgache a besoin de vrais médiateurs et non de pompiers pyromanes qui se plaisent à rallumer incessamment l'incendie », a critiqué le membre du Tanora malaGasy Vonona fondé par Andry Rajoelina.

À part ce constat général, la classe politique n'a pas mis pour autant les accusés sur le pied d'égalité. Le camp d'Andry Rajoelina a acculé l'Union africaine. La mouvance Ravalomanana lui a plutôt donné raison. Bruno Betiana, quant à lui, a insisté sur le « réveil de la conscience nationale », en appelant la médiation du Conseil oecuménique des églises chrétiennes (FFKM) pour sortir de la crise.

La lutte d'influence entre la SADC et l'Union africaine est déballée en public dans la gestion du dossier malgache. Il n'est pas exclu que les divergences touchent le bloc économique régional lui-même.

Dans son communiqué, le CPS avait affirmé avoir « approuvé les recommandations » de Joaquim Chissano, médiateur de la SADC, présent à Addis-Abeba au moment de l'assemblée générale. Il avait également soutenu avoir « pris note (...) des déclarations faites par les représentants du Mozambique, pays assurant la présidence de la SADC ».

Par Iloniaina Alain

L'Express de Madagascar/20/02/2013