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Last updateJeu, 31 Juil 2014 6am

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Stratégies préventives contre les armes légères

Sécurité - 15 a 25 millions d'armes légères en circulation dans la sous-région menacée - Le Sénégal invité à développer des stratégies préventives. L'ancien ministre du Plan et expert dans la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres, El Hadji Ibrahima Sall, a appelé les autorités à s'investir dans la prévention pour parer aux conséquences des dizaines de milliers d'armes en circulation dans la sous-région.

Il s'exprimait hier, mardi 18 février 2014, en marge de la cérémonie commémorant l'inauguration des locaux de la commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petits calibre (Comnat/ Alpc).

L'ancien ministre du Plan et expert dans la lutte contre la prolifération des armes, El Hadji Ibrahima Sall, à invité les autorités étatiques à s'investir dans la prise de décision préventive pour faire face aux périls causés par les armes légères. «Il faut privilégier les actions de préventions plutôt que les actions de micro désarmement qui n'attaquent pas le fond du problème et c'est uniquement une petite proportion de l'arsenal militaire qui est récupérée», fait-il remarquer. Pour parvenir à cette fin, souligne également El Hadji Ibrahima Sall, il faut «plus de surveillance, de renseignement, plus de contrôle des frontières et des mouvements qui s'y passent».

Pour ce faire, El Hadji Ibrahima Sall juge nécessaire de renforcer les structures de renseignements militaires et de surveillance du territoire, d'anticiper et d'aller au devant des crimes. Ce qui suppose, selon lui, une prise en charge au plus haut niveau dans la stratégie nationale de lutte pour la sécurité et la défense, la problématique des armes légères afin de les intégrer comme une dimension indispensable et centrale dans les politiques de défense et de sécurité.

Aboutir à la prévention requiert aussi, de l'avis d'El Hadji Ibrahima Sall de «ne pas traiter la question des armes légères de façon singulière, partielle ou partiale mais de l'intégrer dans une politique nationale». Par ailleurs il invite à un engagement politique qu'il juge primordiale car, trouve-t-il, «il est seulement possible de combattre les Alpc que si le contexte politique le permet». Comme preuve, il avance le fait que beaucoup de pays de la sous-région éprouvent des difficultés à contrôler les armes parce que les préalables politiques n'y sont pas assurés.

Assimilé à des «armes de destruction massive», El Hadji Ibrahima Sall rappelle la nécessité de combattre la prolifération de ces Alpc car, fait-il remarquer, «tous les conflits, toutes les agressions, et les actes de violence armée dans nos pays y compris les crimes organisés sont commis par le biais de ces armes légères ».

Dans sa plaidoirie, El hadji Ibrahima Sall a aussi souhaité qu'il soit développé un partenariat publique-privée dans la défense, gage, selon lui, d'une surveillance transparente, claire permettant de dégager des budgets et de ligne d'action, de créer un cadre d'évaluation, de coordination et de la collaboration. Les réflexions de la Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (Comnat/ Alpc), faits par l'entremise du ministre El Hadji Ibrahima Sall, est bien intégré dans les politiques de protection étatiques, selon le premier ministre Aminata Touré.

La responsabilité du gouvernement

De l'avis du premier ministre, «le gouvernement, à travers sa politique, prend sa responsabilité d'assurer la sécurité des citoyens, en ayant une politique de sécurité qui se décline au travers plusieurs institutions et mécanismes dont la Commission nationale fait pour la paix et la sécurité». En outre indique-t-elle, «le Sénégal, a pris des initiatives pour répondre de manière inclusive et globale aux problèmes posés par la prolifération et la circulation illicite des ALPC».

Le Premier ministre reste convaincue de l'importance de la prévention dans la circulation des armes légers car, souligne-t-elle, «les armes prolongent les conflits et les exacerbent, nuisent au respect du droit international humanitaire, menacent la stabilité de certains gouvernements, profitent au terrorisme et à la criminalité».

Pour le Premier ministre, le Sénégal a ratifié toutes les conventions en croisade contre la circulation des armes légères a l'instar du le Traité des Nations unies sur le commerce illicite des armes légères et de petits calibres.

Par Fatou Ndiaye

Sud Quotidien/19/02/2014