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Mer09172014

Last updateMar, 16 Sep 2014 11pm

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Energies traditionnelles de substitution au Sénégal

La production de combustibles ligneux sera portée à 1.875.000 m3 en 2015 - En visitant les réalisations du Projet de gestion durable et participative des énergies traditionnelles de substitution (Progede 2) dans la région Tambacounda en compagnie de la directrice des opérations de la Banque mondiale (Bm) pour le Sénégal, le ministre de l'Environnement et du Développement durable, Mor Ngom, a salué les efforts faits dans la diversification des énergies domestiques. La production de combustibles ligneux qui était de 180.000 m3 en 2009 sera portée à 1.875.000 m3 en 2015.

Koar, à 50 km de Tambacounda dans la forêt du Boundou, a déroulé le tapis rouge à ses hôtes du jour. Depuis l'aéroport, une forte mobilisation a été improvisée sous la houlette de Mamadou Kassé, conseiller technique du président de la République en urbanisme et habitat, par ailleurs président du conseil de surveillance de l'Agence nationale de l'aménagement du territoire (Anat). Les exploitants et populations locales qui sont fortement bénéficiaires de ce programme se sont signalées partout sur les différentes étapes. A Tambacounda, les nouveaux locaux de l'inspection régionale des Eaux et Forêts ont été réalisés par le Progede 2. Un véritable bijou que le ministre a inauguré, avant de se rendre au village de Dialacoto où il a visité deux bio-digesteurs construits dans le cadre du même projet. A Koar, la meule casamançaise résume les efforts pour tirer de la forêt que ce qu'elle peut donner. D'emblée pour expliquer cet enthousiasme, cette détermination et cet engouement dans l'accueil, le président du conseil rural de Koar, Baganda Sakho, a rappelé que ces forêts communautaires jouent un rôle essentiel dans la vie des populations riveraines. Ces dernières années, les massifs forestiers étaient confrontés à une dégradation qui mettait en péril la biodiversité et les fonctions socioéconomiques qu'ils remplissaient pour la population.

Le président du conseil rural a signalé les actions énergiques de l'Etat et de ses partenaires à travers le Progede 1 et 2 dans les domaines environnementaux, mais aussi économiques, sociaux et culturels avec des retombées pour les populations autochtones. Du côté des résultats qui sont d'ailleurs positifs, M. Sakho rappelle la forte sensibilisation des populations locales sur les enjeux, d'une part, de la protection et de l'exploitation des forets communautaires et, d'autre part, de la participation des populations. Ici, on signale la forte contribution à la réduction de l'émigration et de l'exode rural des jeunes en plus de l'amélioration notable du cadre de vie des familles, notamment avec l'acquisition de matériels modernes de communication et de transports.

Il y a aussi, selon M. Sakho, le renforcement de la dynamique organisationnelle des populations locales dans la protection et l'exploitation forestière à travers les comités de surveillance et les comités inter-villageois de gestion des forêts. La forte possibilité d'augmentation des richesses locales avec les recettes obtenues par les populations locales et la communauté rurale a été retenue par le président du comité inter-villageois de gestion des forêts, Bouna Cissokho. Le président de l'Union nationale des coopératives d'exploitants forestiers, Abdoulaye Sow, a souligné les contributions volontaires versées par les exploitants sur chaque chargement de charbon ; et un fonds de 1,3 milliard de FCfa a été mobilisé et investi sur la forêt. Il a salué le rôle pionnier de l'ancienne communauté rurale de Khothiary et de Koar que dirige Baganda Sakho qui a fait des actions hardies dans le reboisement.

La protection durable de la nature été mise en place, a relevé le président de l'Union nationale des coopératives d'exploitants forestiers, Abdoulaye Sow. Mamadou Mbaye, président de la Fédération des producteurs locaux de charbon couvrant les régions de Tambacounda et de Kolda a demandé avec insistance la mise en place du Progede 3 car, selon lui, en plus de la réduction de l'émigration clandestine, les populations ne cessent de remercier le gouvernement et ses partenaires. Les élus, les membres des comités inter-villageois ont demandé avec insistance le programme de pistes communautaires contenu dans le projet. Il y a aussi la vulgarisation des fourneaux économiques, l'achat de camions pour l'écoulement des produits d'exploitation et des bio-digesteurs. Par ailleurs, la lutte contre les coupes sauvages d'arbres et d'arbustes par les éleveurs transhumants a été aussi signalée par les populations autochtones.

Par P. D. Sidibe

Le Soleil/19/02/2014