Mer11262014

Last updateMer, 26 Nov 2014 5pm

Articles

Cancer: Recherche sur le cancer à Madagascar

Santé - L'avenir des cancéreux reste aléatoire. La recherche sur le cancer à Madagascar se limite au diagnostic et non au traitement. Le service oncologie de l'HJRA enregistre un millier de nouveaux cas par an.


Le traitement du cancer manque à l'agenda de la Santé publique. La recherche sur le cancer dans le pays a surtout pour objet de découvrir les nouveaux cas et non le nouveau traitement. C'est ce qui a été évoqué dans le cadre de la conférence « rencontre avec un chercheur », organisé par l'Institut Français de Madagascar (IFM) et l'Institut pasteur de Madagascar, samedi à l'IFM Analakely.

« À Madagascar, il n'y a pas de recherche sur le traitement du cancer mais plutôt des diagnostics. Les traitements médicaux qui évoluent en Europe peuvent se pratiquer ici, seulement ils coûtent chers et dépendent donc des moyens financiers ou de la prise en charge des patients », avance le docteur Ronan Jambou, intervenant de l'Institut Pasteur. Ce médecin a cité, entre autres, la thérapie ciblée, qui est une stratégie de traitement par un anticorps et cible directement la tumeur. Pour cela, un patient doit disposer de 60 millions d'ariary pour huit semaines de traitement. Le traitement du cancer est toutefois combiné, personnalisé et adapté à chaque individu, selon le stade de sa maladie.

Nouveaux cas

Autrement dit, chaque cas de cancer devrait avoir son traitement. À Madagascar, le traitement se limite à la chirurgie et à la chimiothérapie dont le coût peut atteindre 10 millions d'ariary selon la réponse du traitement. La radiothérapie est impossible parce que l'appareil est tombé en panne depuis 2009. Spécialiste en oncologie médicale au Centre hospitalier de Soavinandriana (Cenhosoa), le docteur Rodrigue Hasiniatsy a évoqué sa perception des choses. « Chez nous, les priorités pour le cancer restent le dépistage et la prévention. La recherche pour le traitement nécessite des moyens financiers mais les spécialistes existent », affirme t-il. L'avenir de beaucoup de cancéreux reste ainsi incertain s'il n'y a pas de volonté de l'État de s'investir dans la recherche du traitement de cancer accessible à tous. Le CHUJRA enregistre un millier de nouveaux cas de cancer par an et en 2011, le taux de mortalité a été de 60%. Au Cenhosoa, deux cent trente cinq nouveaux cas ont été répertoriés pendant l'année 2013 dont la majorité touche le cancer digestif.

Par Michella Raharisoa

L'Express de Madagascar/17/02/2014