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Cinéma: Rencontre des réalisateurs de films tunisiens

Longs métrages tunisiens - La 3éme rencontre des réalisateurs de films tunisiens s'est ouverte jeudi dans la capitale tunisienne et proposera des courts et longs métrages réalisés par les cinéastes tunisiens, a constaté sur place la PANA.

Le  programme de l’édition 2014 prévoit une projection de courts et longs métrages de fiction et documentaires. Par la même occasion, un catalogue sera édité, comportant les synopsis des films, en plus d’un index des réalisateurs et des producteurs.

La rencontre, qui se poursuivra jusqu'au 16 février, sera l'occasion de revisiter le cinéma tunisien longtemps considéré leader au Maghreb arabe, même s'il a enregistré ces derniers temps, des hauts et des bas, à l'instar des cinémas arabe et africain.

Sur cette question, un débat soutenu a été engagé ces dernières années sur le cinéma tunisien et ses visions, notamment après le succès de plusieurs films tunisiens qui ont obtenu des prix arabes et internationaux.

Même si la Tunisie a connu le cinéma très tôt, on peut considérer que le début effectif du cinéma tunisien remonte à l'année 1966 lorsque le réalisateur Amar la-Khalifi a présenté le premier long métrage, 'l'aube' avant de produire en 1968, son deuxième film 'le rebelle'.

Dans les années 70, est apparu le véritable travail du réalisateur Amar Al-Khalifi avec des films historiques tels 'Al-filali' (1971), un film qui relate la vie des combattants contre le colonialisme français et 'Sarakh' (le cri 1972).

En 1975, Nasser Al-Katari, un autre cinéaste tunisien, a produit 'les ambassadeurs', une co-production tuniso-libyenne, premier du genre, traitant du phénomène de la migration vers les pays européens.

La même période a enregistré la réalisation de plusieurs autres films dont 'Et demain' de Ibrahim Babay et 'Chamas Al-Dhia' de Ridha la-Bahi.

De l'indépendance aux années 80, le cinéma tunisien a traité prioritairement de la lutte nationale contre le colonialisme français. Cette thématique choisie par les cinéastes de l'époque, a été grandement soutenue par l'Etat dans la mesure où, le président de la République de l'époque, Habib Bourguiba, était lui-même considéré comme un combattant suprême pour la libération.

Les spécialistes du cinéma tunisien font remarquer que les années 90 se sont distinguées par des expériences individuelles, dominées par la vision européenne dans le traitement et la réalisation des films, à telle enseigne que la plupart des réalisateurs de l'époque se sont glorifiés d'être les ambassadeurs de la culture occidentale et les fervents critiques de ce qu'ils ont considéré comme un retard en matière de civilisation.

Il est vrai que leur travail prend racine des réalités tunisiennes, ses secrets et ses contradictions, mais finit toujours par ignorer les constances des traditions sociales du pays, se souciant davantage des considérations commerciales.

Pour les spécialistes, le cinéma tunisien est resté pendant de longues années sans enregistrer de progrès. Il était plutôt caractérisé par le traitement de sujets sans lien avec la réalité tunisienne. ll a cherché, en revanche, à s'incruster dans le système commercial du cinéma mondial au détriment des aspirations du public, de ses valeurs et de ses qualités.

Le cinéma tunisien n'a pas su suivre et traduire sur les écrans les exigences et les aspirations populaires en termes de liberté et de dignité dans la vie durant toutes ces années. Il a toujours évité de traiter en profondeur les préoccupations politiques du citoyen à cause du soutien matériel dont il a bénéficié de l'état sous l'ancien régime qui, pour occuper les jeunes, a encouragé les films qui les font rêver.

Les responsables du cinéma tunisien ont tenté de justifier cette situation par le fait que la production cinématographique était sous le contrôle et la censure qui interdisaient les réalisateurs de franchir des lignes rouges définies par les autorités.

Mais, le climat politique, social et culturel qui prévaut actuellement dans le pays leur donne l'occasion de rectifier le tir et de corriger les fautes commises aux dépens des valeurs, de la femme tunisienne qui se libère des contraintes du passé.

Pana 16/02/2014