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Libye: Manifestations pour le départ du Congrès national général

Des milliers d'habitants de Tripoli sont sortis après la grande prière de vendredi pour se regrouper à la place des martyrs de la capitale libyenne dans le cadre d'un mouvement de protestation sous le slogan 'non à la prolongation' du mandat du Congrès national général (CNG - Parlement), la plus haute autorité politique et législative de la Libye.

Les manifestants ont scandé tout au long de la manifestation leur refus de la prolongation du mandat du Congrès et brandi des banderoles demandant le départ du président et des membres du CNG.

Ces manifestations interviennent dans le cadre d'un mouvement populaire enregistré depuis deux semaines dans la plupart des villes de la Libye, notamment à Tripoli et à Benghazi pour demander la consécration de la fin, depuis le 7 février dernier, du mandat du Congrès national général, conformément à l'explication de la déclaration constitutionnelle adoptée en 2011.

Vendredi dernier, Tripoli et d'autres villes libyennes avaient enregistré des manifestations similaires, entrainant des développements importants sur la scène politique libyenne dont le plus significatif a été l'annonce faite par 25 membres du Congrès national général de leur démission de l'institution parlementaire pour se conformer à la demande populaire.

Des activistes politiques avaient émis des craintes de voir ces manifestations négativement influencées par l'annonce faite le même jour par le général à la retraite, Khalifa Hafter, à travers un communiqué lu au nom de l'armée sur les chaînes de télévision, de la fin du mandat des institutions (Parlement, gouvernement et déclaration constitutionnelle).

Cette démarche du général Hafter, considérée comme un appel à un coup d'état militaire, a suscité de larges réactions dans les milieux politiques, militaires et dans l'opinion publique. Mais cela n'a pas influencé les manifestations qui ont été massives, à travers des rassemblements monstres sur les places publiques à Tripoli, à Benghazi et dans d'autres villes libyennes.

Selon le site Internet du journal libyen 'al-Wassat', un débat est présentement en cours entre les manifestants sur l'éventualité de l'organisation d'une désobéissance générale sur toute l'étendue du territoire national.

Cette action de désobéissance, si elle se produisait, serait une manière pour les manifestants de hausser le ton contre le Congrès national général qui ne semble pas avoir satisfaction à la demande des partisans du 'non à la prolongation', estime le même site.

Les manifestants ont insisté, tout au long de leur marche de protestation pacifique, sur la nécessité pour le Congrès de remettre immédiatement le pouvoir au Conseil supérieur de la justice. Ils ont affirmé leur volonté de faire monter le ton des revendications à chaque manifestation au cas où les membres du Congrès insisteraient à s'arc-bouter à leur place.

Le conseil local de Tripoli a rassuré tous les Libyens et les représentations diplomatiques que la capitale n'a enregistré aucun événement extraordinaire, apportant ainsi un démenti catégorique aux informations données  par des chaines de télévision satellitaires sur un coup d'état qui aurait eu lieu ce vendredi.

Le président du conseil local, Sadat al-Badri, a précisé que toutes les institutions étatiques du pays dans la capitale sont sous la protection de l'armée libyenne et la direction de la sécurité de Tripoli, ainsi que des Thowar (ex-rebelles) et des populations. Aucune institution n'a été victime d'attaque, a-t-il martelé.

Le conseil local de Tripoli s'est dit étonné de telles déclarations qui coïncident bizarrement avec l'organisation des manifestations contre la prolongation du mandat du Congrès national général et pour la tenue d'élections générales anticipées.

Le communiqué du conseil a affirmé le respect du processus légal pour la Libye, demandant au Congrès national général de constituer une commission intitulée 'février 2014' destinée à procéder à une révision constitutionnelle et à promulguer la loi électorale pour des élections législatives et présidentielle anticipées.

Le conseil a demandé au Congrès de donner à cette commission tout le soutien nécessaire pour mener à bien sa mission tout en confiant à la haute commission électorale l'organisation des prochaines élections parlementaires et présidentielle.

Toutes les unités militaires et des Thowar ont exprimé, à travers des communiqués lus sur les antennes des radios locales, leur refus de l'annonce faite par le général Hafter sur le gel des institutions étatiques.

Le général Hafter, rappelle-t-on, avait commandé, dans les années 80, les troupes de Kadhafi dans sa guerre au Tchad où il a été fait prisonnier avant d’être retourné par l'ancien président tchadien, Hissein Habré, et les renseignements américains pour mener des opérations contre le régime de Kadhafi.

Le général Hafter, à la tête d'un certain nombre de soldats libyens, a fui du Tchad à la suite de la prise du pouvoir par Idriss Deby au début des années 90 pour se réfugier aux Etats-Unis avec l'aide des renseignements généraux américains et est resté sur le territoire américain jusqu'à la chute du régime de Kadhafi en 2011.

Pour sa part, l'Alliance des forces nationales (le plus grand parti représenté au Congrès national général) a annoncé son refus de la démarche du général Hafter et des coups d'état au lendemain de la révolution du 17 février.

L'alliance a rejeté le contenu du communiqué du général à la retraite, Hafter, et exprimé son refus de la prolongation du mandat du Parlement tout en apportant son soutien aux manifestations populaires.

Le président de la commission chargée de la bonne marche de l'alliance, Abdel Majid Amtiya, cité par le site de l'organisation politique, a affirmé : 'la Libye après la révolution du 17 février, n'enregistrera de changements que par des mécanismes démocratiques et que la période des coups d'état militaires est révolue à jamais'.

Pana 15/02/2014