Le commandant Sékou «Resco» Camara, gouverneur de la capitale de la Guinée, Conakry, a été inculpé pour «faits de violence et de tortures» sur des populations civiles durant la transition en 2009 dirigée par le général Sékouba Konaté, a confirmé samedi à la PANA, un haut fonctionnaire du ministère de la Justice.
La même source précise que le gouverneur a été entendu vendredi, dans le cabinet d’un juge qui lui a notifié sa participation avec d’autres officiers à des séances de tortures et de brimades sur des citoyens qui auraient caillassé le cortège du président de la transition.
L’ex-chef d’état-major général des armées, le général Nouhoum Thiam, actuellement en détention pour sa présumée participation en juillet 2011 à l’attaque du domicile privé du président Alpha Condé est aussi cité dans cette affaire.
La présence du commandant Camara devant le juge, souligne-t-on, est consécutive au dépôt d’une plainte d’une dizaine de personnes qui reprochent à l’officier d’avoir participé à leur bastonnade et leur torture ayant provoqué des blessures.
Le haut fonctionnaire de la justice assure que l’inculpation n’est pas synonyme de condamnation, ajoutant que toute personne se trouvant dans cette situation doit assurer sa défense par un avocat pour prouver le contraire de ce qui lui est reproché.
«L’impunité est finie, enterrée en Guinée. Nul n’est au-dessus de la loi. En dépit des pressions qui peuvent être faites dans de tels cas, le ministre de la Justice (Me Christian Sow) qui a longtemps servi dans des organisations de défense des droits de l’homme, est déterminé à rendre une justice équitable. Il n’existe pas de justice pour les riches et une autre pour les pauvres», a déclaré le haut fonctionnaire du ministère.
Le gouverneur de Conakry avait déjà comparu devant la justice à la suite d’une plainte déposée par des organisations de défense des droits de l’homme qui l’avaient accusé d’avoir frappé des détenus.
Les colonels Moussa Tiégboro Camara, responsable des Service spéciaux, chargé du grand banditisme et de la criminalité à la présidence de la République, et son homologue Chérif Abdoulaye Diaby, ex-ministre de la Santé, tous deux membres de la junte, ont été également inculpés pour leur participation aux violences faites, le 28 septembre 2009, dans un grand stade de la capitale, à l’endroit des manifestants qui dénonçaient le refus de la junte de rendre le pouvoir aux civils.
Selon plusieurs sources, plus de 150 personnes ont été tuées au cours de ces manifestations, ainsi que des dizaines de femmes violées et bastonnées.
Pana 17/02/2013