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Libye: Des mesures sécuritaires pour l'anniversaire de la Révolution

Le gouvernement libyen minimise les menaces et prend des mesures sécuritaires pour l'anniversaire de la Révolution - Le gouvernement libyen a minimisé l'importance des rumeurs distillées dans l'opinion publique et à travers des réseaux sociaux sur des tentatives de déstabilisation de la sécurité et de la stabilité du pays à l'occasion des festivités marquant la célébration du deuxième anniversaire de la Révolution du 17 février, à l'origine de la chute de Kadhafi.


Le gouvernement d'Ali Zeidan ne s'est pas contenté des communiqués de presse pour rassurer les populations libyennes, mais a pris des mesures concrètes et conservatoires pour assurer leur protection et celle des biens publics et privés, dont les plus importantes concernent la fermeture des points de passage frontaliers terrestres avec la Tunisie et l'Egypte à partir de ce jeudi jusqu'à lundi prochain et l’érection des points de contrôle au niveau des entrées et sorties des villes et aux alentours des sites sensibles, en collaboration avec les ex-rebelles. L'organisation des patrouilles mixtes de sécurité composées de policiers et de militaires figure aussi au nombre des mesures prises par le gouvernement.

Dans un communiqué à l'intention des populations, le gouvernement a annoncé que le comité ministériel restreint sur la sécurité a mis l'accent sur la sécurité des aéroports, des points de passage frontaliers terrestres et sur l'arrêt des mouvements aériens dans tous les aéroports sauf ceux de Tripoli et de Benghazi. Toutes ces mesures sont prises pour prévenir toute tentative de déstabilisation, souligne-t-on.

Le gouvernement a toutefois pris en compte le droit des citoyens de manifester pacifiquement pour exprimer leurs points de vue et faire entendre leurs voix, mais il a, en même temps, indiqué avec fermeté qu'il ne permettra aucune manifestation anarchique et sans autorisation préalable des autorités compétentes. Le gouvernement veut ainsi freiner la volonté de ceux qu'il nomme 'les éléments de l'ancien régime évoluant à l'intérieur et à l'extérieur' de saboter les festivités marquant le deuxième anniversaire de la Révolution du 17 février.

Le correspondant de la PANA a constaté l'érection de nombreux points de contrôle fixes et mobiles à Tripoli et sa banlieue, alors que des voyageurs ont affirmé que toutes les villes de la Libye sont soumises à des mesures de sécurité drastiques marquées par des contrôles des véhicules à l'entrée et à la sortie des villes et pour s'assurer de l'identité des voyageurs et le retrait de toute arme sans autorisation.

Le journaliste de la PANA a aussi constaté une coordination parfaite entre les unités de la police, de l'armée et des ex-rebelles au niveau des quartiers.

Dans un communiqué diffusé à travers les radios locales et les télévisions, le ministère de l'Intérieur a appelé les ex-rebelles à coordonner avec les commandements de l'armée et de la police pour empêcher les 'casseurs' d'exploiter la situation pour porter atteinte à la sécurité du pays.

Contacté par la PANA, Mansour Mohamed Miftah (22 ans), travailleur dans l'une des banques de la place, qui a rejoint le dispositif de sécurité dans un point de contrôle, a affirmé qu'il a demandé à son service un congé pour rejoindre les ex-rebelles afin de protéger son quartier de 'Ghoot al-choal'.

Il a précisé que les instructions données aux ex-rebelles sont claires et sans équivoque. Ils sont instruits de ne pas empêcher les manifestations pacifiques, affirmant que c'est pour cela que 'nous étions sortis pour faire tomber l'ancien régime qui interdisait aux gens de s'exprimer'. Mais, a-t-il toutefois ajouté, 'nous ne permettrons pas l'exploitation de la situation et des manifestations pour mener des actes de destruction des biens publics et privés'.

De son coté, le médecin Mohamed Ali qui officie à l'hôpital Janzour (banlieue ouest de Tripoli) a indiqué avoir profité de son congé hebdomadaire pour venir aider ses camarades des ex-rebelles dans la protection de son quartier.

Il a ajouté que la Libye traverse une période sensible dans son histoire pendant laquelle le gouvernement travaille pour la construction des institutions de l'Etat qui n'existaient pas durant le règne de Kadhafi, 'c'est pourquoi il faut  mettre en place un cadre propice à cela dont les priorités restent la sécurité et la stabilité'.

Les observateurs estiment que la situation sécuritaire, malgré les efforts déployés par le gouvernement de Zeidan, est encore précaire car les services de police et de l'armée sont en phase de construction.

Le ministère de l'Intérieur travaille assidûment à cet égard, pour réintégrer les ex-rebelles et les membres de la Haute commission de sécurité dont la majorité est composée d'ex-rebelles. Cette réintégration est un pas préalable pour la maîtrise de la circulation des armes.

Pour sa part, Oussama al-Kadiki (30 ans), ingénieur de bâtiment, a affirmé avoir rejoint les rangs des ex-rebelles pour faire tomber l'ancien régime et après l'opération de libération, il est retourné à son travail initial. Mais, aujourd'hui, il est volontaire dans un des points de contrôle dans un échangeur. Il a plaidé pour l'organisation des ex-rebelles à l'intérieur des forces de police et de l'armée afin de permettre aux autorités compétentes d'exécuter le plan de retrait des armes et l'application de la loi qui interdit le port d'armes sans autorisation.

Il a estimé que les festivités commémorant le deuxième anniversaire de la Révolution se dérouleront dans la paix, affirmant que les forces de l'ordre et les ex-rebelles parlent le même langage : 'oui aux manifestations pacifiques, mais non aux opérations de destruction et d'anarchie'.

Pana 16/02/2013