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Togo: Arbitraire manifeste des arrestations d'opposants

Sortie musclée du Parti socialiste français contre 'l’arbitraire manifeste des arrestations' d'opposants togolais - Le parti socialiste français, dans un communiqué de presse titré « Togo : démocratie bafouée » dont la PANA a reçu copie ce jeudi à Lomé,  dénonce 'la vague d’arrestations  des opposants politiques' au Togo.


Le communiqué signé de son Secrétaire national à l’Europe et à l’International, Jean-Christophe  Cambadénis, écrit que 'le Parti socialiste observe avec inquiétude la vague d’arrestations d’opposants politiques, orchestrée depuis un mois par le pouvoir en place'.

Aussi, dénonce-t-il 'l’arbitraire manifeste de ces arrestations qui visent essentiellement   les personnalités du Collectif « Sauvons le Togo » et d'autres membres  de l'opposition', en réclamant, de ce fait,  leur 'libération immédiate'.

Le PS, qui s’insurge contre la mauvaise gouvernance et l’impunité au Togo, appelle les autorités en place à 'permettre la relance d’un dialogue politique sincère et inclusif, et à mettre en œuvre d'urgence les recommandations des missions d'observation de l'Union européenne en faveur d’une réforme électorale pour le prochain scrutin législatif'.

Depuis plusieurs mois, le Collectif Sauvons le Togo (CST) défie le pouvoir en place , en mobilisant la population de Lomé dans des manifestations régulièrement réprimées par les forces de l'ordre, sans réussir à entamer le courage et l'engagement du Collectif décidé à forcer la main aux autorités en vue de la mise en œuvre des réformes institutionnelles dans ce pays où tout est mis en œuvre pour éviter l'alternance au pouvoir.

Le 10 janvier derner, un incendie, visiblement criminel,  a consumé le grand marché de la ville de Kara (au nord du pays), bastion du pouvoir en place. Deux jours plus tard, ce fut le tour du grand marché de Lomé,  faisant des centaines de milliards de dégâts matériels, pour la plupart au passif de femmes commerçantes réputées actives dans ce secteur.

Avant que les deux experts français dépêchés au Togo pour enquêter sur les causes de ces incendies ne soumettent les conclusions de leurs recherches, le procureur de la République, Blaise Essolissam Boyodi, précipite sa propre enquête qui désigne  23 personnes, toutes membres ou proches de l'opposition, qui seront  interpellées par la Gendarmerie nationale et déférées à la prison de Lomé.

Parmi ces personnes figurent plusieurs responsables politiques dont Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, ancien président de l’Assemblée nationale, ex-PM et président du parti Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS) et   Gérard Adja, vice-président de OBUTS;  Alphonse Kpogo,  Secrétaire général de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI).

Des membres de l’Alliance nationale pour le changement de Jean-Pierre Fabre (ANC - aile dissidente de l'UFC de Gilchrist Olympio)  ne manquent pas à la liste qui comporte également  Mme Suzanne Kafui Nukafu, membre  de la Section féminine de l’ANC,  Jean Eklou, président de la jeunesse de l’ANC, le député  Kossi Manty de l’ANC, sans oublier le chauffeur personnel   du président de l'ANC, Apollinaire Attilé.

Bien que l'enquête activée par les deux policiers français n'ait encore jusqu'ici livré ses conclusions, la sortie musclée du Parti socialiste français (au pouvoir) contre l'arrestation des membres de l'opposition togolaise laisse deviner l'arbitraire qui domine l'enquête du procureur qui, sans doute, laisse courir les vrais auteurs de ces incendies aux relents plutôt  politiques.

Pana 16/02/2013